Vendredi (09/05/08)
Ah le joli forçat !

Un peu après 22h la sonnette retentit.
J'ai la tête dans le frigo, je prépare le petit dîner espagnol que j'avais prévu pour nous deux.
Je lui ouvre la porte.
Il monte.
On se sourit.
On ne s'embrasse pas.
Ou du moins au moment où il tente de me faire la bise, je m'esquive en lui faisant signe d'entrer.
Je lui fais rapidement visiter l'appartement.
Il met de la musique.
On mange.
J'arrive à parler. De tout de rien.
Je suis contente qu'il soit là.
J'ai du mal à croire que c'est bien lui qui est ici, là, avec moi.
Il est mal à l'aise mais à l'aise quand même.
Je ne réfléchis pas à mon état.
Aucune mauvaise pensée ne vient troubler mon état.
Il ne va pas déjà partir, il est là, il va rester, il est venu pour me voir.
Je lui propose de changer de pièce.
On s'asseoit sur mon lit.
Il me fait écouter de la musique géniale qu'il a apporté.
Le CD est accompagné d'un dvd avec plein d'animations magiques.
Nos épaules se touchent. De plus en plus.
On enlève le dvd pour juste écouter la musique.
Tension dans l'air.
Il me demande si je n'ai pas un deuxième clavier pour qu'on s'écrive, parce que ce serait plus simple.
J'ouvre une page word.
Quelques phrases absurdes.
On dirait un cadavre exquis.
Je lui dis et constate avec délice qu'il ne me demande pas ce que c'est.
Il écrit c'est trop tôt je pense...
Cette phrase m'assombrit soudainement.
Trop tôt.
C'est toujours trop tôt ou trop tard, ce n'est jamais le bon moment, pourquoi ne pas se jeter à l'eau ?
Je me sens paumée, triste, vide.
Je vais aux toilettes, comme pour retourner dans une autre réalité, une réalité dans laquelle il n'est pas, ou du moins où il ne me fait pas souffrir par son incertitude.
Je repense à ses phrases que j'ai bien évidemment prises pour des reproches.
-Tu as des certitudes mais ce sont sûrement de fausses certitudes et tu ne le sais peut-être pas.
Il n'empêche que je préfère mes certitudes.
Je reviens dans la chambre.
Il a éteint la petite lampe.
L'ordinateur nous sépare un peu.
-Tu mets l'ordi à côté ?
Je pose mon mac sur ma chaise de bureau, j'éteins l'écran tout en laissant le CD se terminer.
-Tu viens quand même près de moi... ?
J'enlève mes lunettes, il m'ouvre ses bras, et jusqu'au lendemain matin je ne les quitte plus.
Nuit moite. Tendre et douce. Frustrante mais j'ai l'impression que ça m'est presque égal.
Je ne le ressens pas comme de jour, pas comme quand la lumière est allumée.
Je le sens plus sûr de lui, plus vrai, plus sincère et moins raisonnable.
J'ai l'impression d'entendre des mots doux dans toutes ses caresses, dans tous ses soupirs.
Même si ce n'est qu'une impression.
Tous mes complexes s'en vont les uns après les autres, comme s'il me déshabillait d'eux.
Je me sens bien. Je ne pense même pas à me demander si je suis en train de rêver.
Mes lèvres sont meurtries par ses baisers piquants, mais j'adore ça.
Cela faisait si longtemps que je n'avais pas embrassé quelqu'un comme ça.
Très exactement un an à vrai dire. 8 mai 2007. Le jour où Fredo est mort.
En une nuit, il ose tout ce qu'Elle n'a jamais osé me faire.
J'ai l'impression qu'il est bien plus doué, même si j'ai du mal à me faire à l'idée...
Et même s'il ne va pas jusqu'au bout, même si j'ai l'impression d'être anesthésiée, de ne pas faire les choses dans le bon ordre, même s'il s'arrête, même si ses mains s'en vont brusquement, même si la passion lui vient par sautes dans lesquelles il me serre fort, et m'embrasse, et me dévore comme si ma peau était du pain chaud.
Cela m'est égal. Je suis bien. Je prends ce qui vient. Je ne réfléchis pas.
Je voudrais lui donner aussi mais j'ai l'impression qu'il m'en empêche subtilement.
Il est beau dans la nuit. Je sens son regard, je le vois dans l'obscurité.
Je suis très calme mais je me dis qu'à un moment je vais exploser de joie.
Je n'explose cependant pas.
Est-ce parce que malgré cette jolie nuit, je le sens effrayé ?
Son affection, par bribes, semble sincère et forte.
Elle s'en va et revient. Va et vient dans mon coeur.
Le soleil me réveille.
J'ai l'impression qu'il est au moins 4 heures de l'après-midi alors qu'il est à peine 10h.
Je bouge un peu. Ses bras me cherchent. Il est toujours là.
Trip Fontaine ne serait donc pas parti après avoir obtenu ce qu'il voulait de Lux ?
Mais A n'a pas obtenu ce qu'il voulait. D'ailleurs que voulait-il, s'il voulait quelque chose ?
Il est beau dans son sommeil.
Mon regard d'amour le magnifie.
Je me rendors et me réveille encore.
J'ai trop chaud, je suis moite et nue.
Je me rends compte que la tringle à rideaux est tombée. Ça faisait longtemps...
Je me rendors encore puis me réveille.
Il sort enfin de son sommeil.
Il sourit, il se cache derrière l'oreiller puis sourit encore.
L'amour me tord le ventre mais chut.
Il se met sur moi.
Le désir me dévore toute entière. Des pieds à la tête.
Il m'embrasse, me caresse, m'embrasse puis se relève brutalement.
-Faut se lever !
Il me rend mes habits, pris en otage de l'autre côté du lit.
On va dans la cuisine, Garfu nous rejoint.
Elle nous fait rire, elle est détendue, elle est drôle.
Je me sens bien aussi. Ensoleillée.
J'ai Tu verras Tu verras dans la tête.
Je me sens rayée de soleil.
Je fais la vaisselle.
A prend des photos.
Je voudrais qu'il vienne se serrer contre moi, qu'il vienne me déconcentrer, mais il ne le fait pas.
Il me dit juste que ma robe est vraiment parfaite.
Je prends une douche.
On sort se balader.
On marche jusqu'à la plage.
Le soleil tape fort.
On s'allonge sur les cailloux. "Galets" pour les romantiques.
-Tu sais, pour en revenir un peu à la discussion d'hier, je me sens quand plus mal à l'aise qu'à l'aise...
Ces mots me glacent et m'assombrissent de nouveau.
Je voudrais tellement qu'il soit bien.
Au bout d'un long moment il me propose de me servir d'oreiller.
Je me serre contre lui.
Je sens une profonde tristesse se réveiller en moi.
On quitte la plage.
Il achète deux milk-shake.
Je l'emmène voir mon pont. Celui sur lequel nous avons tourné le court-métrage.
Je l'attire contre moi. Je le sens m'échapper. Il est contre moi et pourtant il n'est plus là.
-Je devrais être en train de te croquer, de te faire des bisous... Mais je ne le fais pas.
-Pourquoi ? Je ne te plais pas ? Ce n'est pas ce que tu attendais ?
On rentre.
Le soleil lui a donné mal à la tête.
Il se rend compte que ses lunettes ne sont plus dans sa poche.
Perdues.
Je lui dis qu'il a raison de ne pas vouloir m'aimer ni de ne pas vouloir s'attacher à moi vu que je lui porte la poisse.
On s'allonge sur mon lit.
Je suis horriblement triste.
-On est plus dans une histoire d'amitié forte que dans une histoire d'amour...
-C'est ton point de vue...
-Tu sais c'est pas grave si ça ne va pas plus loin...
-Ben si... Pour moi c'est un peu grave quand même.
-Je suis bien mais je ne suis pas heureux. Et tu pourras faire n'importe quoi, ça ne changera pas.
-Tu n'es pas heureux avec moi ou tu n'es pas heureux tout court ?
-Hmm.
-Je ne veux pas continuer dans un truc auquel je ne crois pas.
-Mais si tu n'y crois pas, pourquoi t'es venu ?
-Pour être sûr.
-Et là tu es sûr ?
-Oui.
Je lâche sa main.
Qu'il s'en aille ou bien qu'il me serre fort dans ses bras pour me dire que ce n'est pas vrai.
-Pourquoi tu t'interdis d'être heureux ?
J'ai froid.
Il a mal à la tête.
Il s'endort.
Il ronfle.
Je pleure.
Je me glisse sous la couette.
Ça le réveille et il pose sa main, dépourvue de caresses, sur moi.
Puis il se rendort et ronfle de nouveau.
La tristesse me paralyse toute entière. Je ne peux plus bouger.
Il se réveille.
-Je vais y aller...
-Non...
-Bon...
Il reste une vingtaine de minutes de plus. Silencieux. Les yeux fermés.
Il reste encore un peu et pourtant il est déjà parti.
Il n'est plus là, il n'est plus avec moi.
Il m'a échappé, je n'ai pas su le retenir.
Il se lève, prend ses sacs, me tend la main pour m'aider à me lever.
Je me serre dans ses bras, devant la porte.
Il m'embrasse sur la joue puis ouvre la porte.
Il commence à descendre l'escalier, sans se retourner.
Je referme la porte et vais m'écrouler sur mon lit.
Je sens un profond désespoir me guetter.
Je pense très sérieusement à avaler tous les comprimés qui sont sur mon bureau.
Il n'y croit pas.
C'est donc fini.
Et son à bientôt sonnait aussi faux que celui du Prince sonnait vrai lorsqu'il a cessé de me serrer dans ses bras, ce dernier samedi de 2007.
Je ne le verrai plus.
Il n'y croit pas.
Il est tellement bien installé dans son malheur que le bonheur lui fait peur.
Il est tellement habitué à avoir mal que c'est l'amour qui le blesse.
Il est tellement mal que c'est moi qui souffre.
J'entends la sonnette chez les voisins.
Je voudrais qu'il revienne. Comme dans les films.
Qu'il se rende compte qu'il laisse passer une belle chance de se faire aimer.
Tous mes doutes se réveillent alors. Car moi aussi j'en ai. Évidemment que j'en ai.
Mais si on veut être un peu heureux, il faut savoir les foutre au placard, au bon moment.
Et j'estime que ce n'est pas me mentir.
Quand je me réveille il est 22h30.
Je file m'allonger à côté de Garfu.
Je suis rouge comme une écrevisse.
Je lui raconte par bribes.
Elle me redonne l'espoir que j'avais complètement perdu de vue.
Rayé de la carte.
Elle me dit qu'il a peur, qu'il a la trouille, qu'il va rentrer chez lui, retrouver ses repères, continuer sa vie et se rendre compte de l'énormité de sa connerie. Et qu'alors il va revenir. Qu'il ne peut pas faire autrement.
Qu'on ne peut essayer d'échapper au bonheur comme ça. Surtout pas à celui que je lui offre.
-Tu donnes tellement et tu te donnes tellement, c'est normal que tu te prennes une claque.
Ne dis pas que tu n'as plus d'espoir, tu n'as le droit. De ma petite vie, et de tous les gens que je connaisse, tu es la personne qui a le plus d'espoir de toute la Terre.
Tu seras heureuse, c'est évident. Tu seras heureuse parce que tu le mérites et parce que tu le veux.
Je m'inquiète beaucoup plus pour lui que pour toi.
"Vous voulez être heureux ?
Soyez-le".
Entends ça, pitoyable petit homme que tu es.
Pitoyable petit homme que j'aime déjà bien trop.
J'ai la tête dans le frigo, je prépare le petit dîner espagnol que j'avais prévu pour nous deux.
Je lui ouvre la porte.
Il monte.
On se sourit.
On ne s'embrasse pas.
Ou du moins au moment où il tente de me faire la bise, je m'esquive en lui faisant signe d'entrer.
Je lui fais rapidement visiter l'appartement.
Il met de la musique.
On mange.
J'arrive à parler. De tout de rien.
Je suis contente qu'il soit là.
J'ai du mal à croire que c'est bien lui qui est ici, là, avec moi.
Il est mal à l'aise mais à l'aise quand même.
Je ne réfléchis pas à mon état.
Aucune mauvaise pensée ne vient troubler mon état.
Il ne va pas déjà partir, il est là, il va rester, il est venu pour me voir.
Je lui propose de changer de pièce.
On s'asseoit sur mon lit.
Il me fait écouter de la musique géniale qu'il a apporté.
Le CD est accompagné d'un dvd avec plein d'animations magiques.
Nos épaules se touchent. De plus en plus.
On enlève le dvd pour juste écouter la musique.
Tension dans l'air.
Il me demande si je n'ai pas un deuxième clavier pour qu'on s'écrive, parce que ce serait plus simple.
J'ouvre une page word.
Quelques phrases absurdes.
On dirait un cadavre exquis.
Je lui dis et constate avec délice qu'il ne me demande pas ce que c'est.
Il écrit c'est trop tôt je pense...
Cette phrase m'assombrit soudainement.
Trop tôt.
C'est toujours trop tôt ou trop tard, ce n'est jamais le bon moment, pourquoi ne pas se jeter à l'eau ?
Je me sens paumée, triste, vide.
Je vais aux toilettes, comme pour retourner dans une autre réalité, une réalité dans laquelle il n'est pas, ou du moins où il ne me fait pas souffrir par son incertitude.
Je repense à ses phrases que j'ai bien évidemment prises pour des reproches.
-Tu as des certitudes mais ce sont sûrement de fausses certitudes et tu ne le sais peut-être pas.
Il n'empêche que je préfère mes certitudes.
Je reviens dans la chambre.
Il a éteint la petite lampe.
L'ordinateur nous sépare un peu.
-Tu mets l'ordi à côté ?
Je pose mon mac sur ma chaise de bureau, j'éteins l'écran tout en laissant le CD se terminer.
-Tu viens quand même près de moi... ?
J'enlève mes lunettes, il m'ouvre ses bras, et jusqu'au lendemain matin je ne les quitte plus.
Nuit moite. Tendre et douce. Frustrante mais j'ai l'impression que ça m'est presque égal.
Je ne le ressens pas comme de jour, pas comme quand la lumière est allumée.
Je le sens plus sûr de lui, plus vrai, plus sincère et moins raisonnable.
J'ai l'impression d'entendre des mots doux dans toutes ses caresses, dans tous ses soupirs.
Même si ce n'est qu'une impression.
Tous mes complexes s'en vont les uns après les autres, comme s'il me déshabillait d'eux.
Je me sens bien. Je ne pense même pas à me demander si je suis en train de rêver.
Mes lèvres sont meurtries par ses baisers piquants, mais j'adore ça.
Cela faisait si longtemps que je n'avais pas embrassé quelqu'un comme ça.
Très exactement un an à vrai dire. 8 mai 2007. Le jour où Fredo est mort.
En une nuit, il ose tout ce qu'Elle n'a jamais osé me faire.
J'ai l'impression qu'il est bien plus doué, même si j'ai du mal à me faire à l'idée...
Et même s'il ne va pas jusqu'au bout, même si j'ai l'impression d'être anesthésiée, de ne pas faire les choses dans le bon ordre, même s'il s'arrête, même si ses mains s'en vont brusquement, même si la passion lui vient par sautes dans lesquelles il me serre fort, et m'embrasse, et me dévore comme si ma peau était du pain chaud.
Cela m'est égal. Je suis bien. Je prends ce qui vient. Je ne réfléchis pas.
Je voudrais lui donner aussi mais j'ai l'impression qu'il m'en empêche subtilement.
Il est beau dans la nuit. Je sens son regard, je le vois dans l'obscurité.
Je suis très calme mais je me dis qu'à un moment je vais exploser de joie.
Je n'explose cependant pas.
Est-ce parce que malgré cette jolie nuit, je le sens effrayé ?
Son affection, par bribes, semble sincère et forte.
Elle s'en va et revient. Va et vient dans mon coeur.
Le soleil me réveille.
J'ai l'impression qu'il est au moins 4 heures de l'après-midi alors qu'il est à peine 10h.
Je bouge un peu. Ses bras me cherchent. Il est toujours là.
Trip Fontaine ne serait donc pas parti après avoir obtenu ce qu'il voulait de Lux ?
Mais A n'a pas obtenu ce qu'il voulait. D'ailleurs que voulait-il, s'il voulait quelque chose ?
Il est beau dans son sommeil.
Mon regard d'amour le magnifie.
Je me rendors et me réveille encore.
J'ai trop chaud, je suis moite et nue.
Je me rends compte que la tringle à rideaux est tombée. Ça faisait longtemps...
Je me rendors encore puis me réveille.
Il sort enfin de son sommeil.
Il sourit, il se cache derrière l'oreiller puis sourit encore.
L'amour me tord le ventre mais chut.
Il se met sur moi.
Le désir me dévore toute entière. Des pieds à la tête.
Il m'embrasse, me caresse, m'embrasse puis se relève brutalement.
-Faut se lever !
Il me rend mes habits, pris en otage de l'autre côté du lit.
On va dans la cuisine, Garfu nous rejoint.
Elle nous fait rire, elle est détendue, elle est drôle.
Je me sens bien aussi. Ensoleillée.
J'ai Tu verras Tu verras dans la tête.
Je me sens rayée de soleil.
Je fais la vaisselle.
A prend des photos.
Je voudrais qu'il vienne se serrer contre moi, qu'il vienne me déconcentrer, mais il ne le fait pas.
Il me dit juste que ma robe est vraiment parfaite.
Je prends une douche.
On sort se balader.
On marche jusqu'à la plage.
Le soleil tape fort.
On s'allonge sur les cailloux. "Galets" pour les romantiques.
-Tu sais, pour en revenir un peu à la discussion d'hier, je me sens quand plus mal à l'aise qu'à l'aise...
Ces mots me glacent et m'assombrissent de nouveau.
Je voudrais tellement qu'il soit bien.
Au bout d'un long moment il me propose de me servir d'oreiller.
Je me serre contre lui.
Je sens une profonde tristesse se réveiller en moi.
On quitte la plage.
Il achète deux milk-shake.
Je l'emmène voir mon pont. Celui sur lequel nous avons tourné le court-métrage.
Je l'attire contre moi. Je le sens m'échapper. Il est contre moi et pourtant il n'est plus là.
-Je devrais être en train de te croquer, de te faire des bisous... Mais je ne le fais pas.
-Pourquoi ? Je ne te plais pas ? Ce n'est pas ce que tu attendais ?
On rentre.
Le soleil lui a donné mal à la tête.
Il se rend compte que ses lunettes ne sont plus dans sa poche.
Perdues.
Je lui dis qu'il a raison de ne pas vouloir m'aimer ni de ne pas vouloir s'attacher à moi vu que je lui porte la poisse.
On s'allonge sur mon lit.
Je suis horriblement triste.
-On est plus dans une histoire d'amitié forte que dans une histoire d'amour...
-C'est ton point de vue...
-Tu sais c'est pas grave si ça ne va pas plus loin...
-Ben si... Pour moi c'est un peu grave quand même.
-Je suis bien mais je ne suis pas heureux. Et tu pourras faire n'importe quoi, ça ne changera pas.
-Tu n'es pas heureux avec moi ou tu n'es pas heureux tout court ?
-Hmm.
-Je ne veux pas continuer dans un truc auquel je ne crois pas.
-Mais si tu n'y crois pas, pourquoi t'es venu ?
-Pour être sûr.
-Et là tu es sûr ?
-Oui.
Je lâche sa main.
Qu'il s'en aille ou bien qu'il me serre fort dans ses bras pour me dire que ce n'est pas vrai.
-Pourquoi tu t'interdis d'être heureux ?
J'ai froid.
Il a mal à la tête.
Il s'endort.
Il ronfle.
Je pleure.
Je me glisse sous la couette.
Ça le réveille et il pose sa main, dépourvue de caresses, sur moi.
Puis il se rendort et ronfle de nouveau.
La tristesse me paralyse toute entière. Je ne peux plus bouger.
Il se réveille.
-Je vais y aller...
-Non...
-Bon...
Il reste une vingtaine de minutes de plus. Silencieux. Les yeux fermés.
Il reste encore un peu et pourtant il est déjà parti.
Il n'est plus là, il n'est plus avec moi.
Il m'a échappé, je n'ai pas su le retenir.
Il se lève, prend ses sacs, me tend la main pour m'aider à me lever.
Je me serre dans ses bras, devant la porte.
Il m'embrasse sur la joue puis ouvre la porte.
Il commence à descendre l'escalier, sans se retourner.
Je referme la porte et vais m'écrouler sur mon lit.
Je sens un profond désespoir me guetter.
Je pense très sérieusement à avaler tous les comprimés qui sont sur mon bureau.
Il n'y croit pas.
C'est donc fini.
Et son à bientôt sonnait aussi faux que celui du Prince sonnait vrai lorsqu'il a cessé de me serrer dans ses bras, ce dernier samedi de 2007.
Je ne le verrai plus.
Il n'y croit pas.
Il est tellement bien installé dans son malheur que le bonheur lui fait peur.
Il est tellement habitué à avoir mal que c'est l'amour qui le blesse.
Il est tellement mal que c'est moi qui souffre.
J'entends la sonnette chez les voisins.
Je voudrais qu'il revienne. Comme dans les films.
Qu'il se rende compte qu'il laisse passer une belle chance de se faire aimer.
Tous mes doutes se réveillent alors. Car moi aussi j'en ai. Évidemment que j'en ai.
Mais si on veut être un peu heureux, il faut savoir les foutre au placard, au bon moment.
Et j'estime que ce n'est pas me mentir.
Quand je me réveille il est 22h30.
Je file m'allonger à côté de Garfu.
Je suis rouge comme une écrevisse.
Je lui raconte par bribes.
Elle me redonne l'espoir que j'avais complètement perdu de vue.
Rayé de la carte.
Elle me dit qu'il a peur, qu'il a la trouille, qu'il va rentrer chez lui, retrouver ses repères, continuer sa vie et se rendre compte de l'énormité de sa connerie. Et qu'alors il va revenir. Qu'il ne peut pas faire autrement.
Qu'on ne peut essayer d'échapper au bonheur comme ça. Surtout pas à celui que je lui offre.
-Tu donnes tellement et tu te donnes tellement, c'est normal que tu te prennes une claque.
Ne dis pas que tu n'as plus d'espoir, tu n'as le droit. De ma petite vie, et de tous les gens que je connaisse, tu es la personne qui a le plus d'espoir de toute la Terre.
Tu seras heureuse, c'est évident. Tu seras heureuse parce que tu le mérites et parce que tu le veux.
Je m'inquiète beaucoup plus pour lui que pour toi.
"Vous voulez être heureux ?
Soyez-le".
Entends ça, pitoyable petit homme que tu es.
Pitoyable petit homme que j'aime déjà bien trop.
Ecrit par inconsciente, à 01:56 dans la rubrique Aujourd'hui.
Lire l'article ! (suite de l'article + 1 commentaires)
Lundi (05/05/08)
Un livre ouvert
J'ai rêvé toute la nuit d'avant que j'étais à moitié aveugle.
Je voyais tout déformé, tout flou, tout à l'envers. Je ne pouvais qu'à peine ouvrir les yeux.
Je n'ai jamais vraiment eu de troubles du sommeil jusqu'à il y a quelques semaines.
Les derniers chocs sans aucun doute, qui commencent par chambouler les hormones, les cycles, les trucs qui ne posent habituellement pas de problèmes, et qui retournent la tête.
Réveil en sueur vers 4h du matin. Ariane dort près de moi. Son sommeil est si calme et si léger, comme elle, que j'ai l'impression qu'elle ne dort pas.
Nuit sans rêves. J'ai trop chaud. Je n'ai plus du tout sommeil. Je me sens presque comme trop heureuse pour dormir. Même si je n'arrive pas encore à sourire. Il est trop tôt.
Mais comment pourrais-je me poser avec tant de choses dans ma tête ?
Avant je dormais comme un bébé quoi qu'il arrive, de longues nuits, sans problèmes pour m'endormir ni vraiment pour me réveiller.
Maintenant c'est différent. Il y a tout le temps ce poids sur mon estomac.
J'attrape mon ordinateur, la recharge et m'installe dans la cuisine, avec un verre d'eau géant.
Je ne pourrai pas me rendormir.
Je me mets à lire, un par un, les commentaires de mon skyblog.
Trois méchants sur 300. C'est une bonne moyenne.
Je mets cette chanson dont A m'a parlé pour habiller le silence de la nuit, celle qu'on a écouté ensemble l'autre soir, chacun derrière nos écrans, à quelques kilomètres l'un de l'autre.
Étrange comme, rien qu'en se parlant via MSN, une vraie émotion peut passer.
Il me parle de lui, de son enfance et de la musique qui l'illustre.
Cela m'émeut à m'en foutre les larmes. Et je ressens ce vieux tube un peu ringard des années 80 comme une oeuvre d'art, un son hyper profond, qui réveille en moi une émotion qui se passe de mots.
J'ai beau me dire que je ne les aime pas pour leur passé, dès qu'ils en parlent, je fonds. Souvent en larmes.
Si je ne pouvais retenir ma bouche de les prononcer tout bas, je retenais mes doigts de ne pas écrire les trois mots fatidiques. Ces trois mots qui changent tout, même quand ça fait des mois qu'on emploie des périphrases pour faire comprendre ce qu'ils traduisent si bien.
Je me retenais mais il était tard. La douce mélancolie de la nuit exacerbait mes sens.
Je repensais à ce que m'avait dit Rush. Ne pas se déclarer la nuit. Préférer le jour, la clarté.
Et pourtant je ressens en A cette même attitude qui nous plonge sans cesse dans un état nocturne, de jour comme de nuit, à la fois sublimement mélancolique et plein d'espoir, la tête dans les étoiles et un demi-pied sur Terre.
Deux rêveurs ensemble ça peut finir mal, je vous vois venir. Mais ça peut aussi finir bien.
J'ai le temps d'essayer, j'ai le temps de me planter. Voilà au moins un avantage à mon jeune âge.
En rediscutant avec A, j'ai compris qu'en fait il n'avait pas découvert mon Joueb.
J'ai été à la fois soulagée et déçue, puis je me suis dit qu'il n'aurait pu rester si calme et si doux s'il avait vraiment lu toutes mes pages... Finalement c'est mieux comme ça. Et je me sens de nouveau plus libre.
C'était un faux problème. Juste un malentendu. C'est comme ça avec les gens qui aiment qu'on lise entre leurs lignes. On y lit parfois des bêtises.
Mais hier je n'ai pas rêvé, lorsqu'il m'a proposé de venir me voir ici, jeudi. Ou mercredi d'ailleurs. Mais le soir...
Mon esprit s'envole rapidement... Mais ces phrases étaient bien réelles, oui, bien réelles. Je lui en ai même reparlé plus tard et il a confirmé. Ce n'est pas un rêve, Marie. Ce n'est pas un rêve, enfin.
En sortant du train il fait une chaleur vraiment écrasante. Le ciel est lourd, l'air aussi.
Je propose à Fred et Ariane d'aller dîner à la plage.
Ariane dépose ses bagages chez moi, je laisse les miens aussi.
Nous marchons jusqu'à la plage en essayant de ne pas perdre de vue que nous avons cours demain et que non, nous ne sommes pas en vacances. Il n'empêche que c'est délicieux.
On s'installe en terrasse. L'air frais de la mer nous fait du bien.
Fred prend un dessert, Ariane et moi n'avons pas encore mangé et décidons de nous régaler avec une bonne crêpe salée.
C'est ça le bonheur, putain. C'est ça.
Trio presque improbable, bien qu'il se reforme tous les vendredis et les dimanches soirs.
Après une crêpe au citron et une dernière gorgée de diabolo fraise, on se précipite sur la plage.
La mer est haute. J'ai un short. Je dégage mon appareil photo et mon portable de mes poches. Je vais me tremper les pieds. Les vagues sont violentes. Mon short est vite attaqué.
On rit. On gueule.
Je n'ai vraiment aucunement besoin d'alcool pour faire des choses folles.
Je finis par remonter sur les galets, enlever mon t-shirt et me jeter à l'eau, en soutien-gorge et en short. Je fais quelques brasses.
Ariane hallucine. Fred jubile.
Mon portable n'a plus de batterie.
Je m'en contrefous.
On finit par rentrer, vers 23h30.
Fred rentre chez lui, Ariane reste dormir.
Je vais prendre une douche. Je discute un peu avec A sur msn, qui semblait m'attendre.
Je mets à recharger mon portable.
Je reçois un MMS de lui. Des excuses. Et une photo d'une sorte de fruit dans une petite cage.
Je lui demande des explications.
c'est des fleurs... ou un fruit je ne sais plus... tu reconnais peut etre... il s'appelle l'amour en cage...
Je lui demande aussi pourquoi il me demande pardon, même si je me doute que c'est parce qu'il n'a pas osé prendre sa voiture et m'emmener à la gare.
voilà desolé de n'avoir pas été un preux chevalier tout à l'heure.. cela aurait pu etre tres joli... mais les choses ne me parraissent pas aussi simples ...
Je me dis qu'il pourra se rattraper mercredi.
Je souris. Je m'en fous. C'est tellement mignon qu'il s'excuse.
Quelques minutes plus tard, je reçois un nouveau SMS, en retard.
Y'a un souci ?
Je lui redemande des explications et voilà qu'il me dit qu'il s'inquiétait.
Alors je fonds de nouveau et me dis qu'il a dû se prendre un coup sur la tête, avoir une grosse frayeur ou aller voir Deux jours à tuer pour changer d'attitude comme ça, pour se bouger enfin...
Peu importe, je ne veux pas le savoir.
J'essaye non plus de ne pas m'emballer, même si j'en ai très envie.
J'ai envie de sourire et de me dire que, ce matin, la vie est belle, facile comme tout, j'oublie les soucis qui me guettent au pied de mon lit, et que quoi que m'apporte ma journée, on ne pourra plus me la gâcher.
Je pourrais aussi vous parler de ce joli week-end à la campagne, avec mes cousins, mon oncle et ma tante. Du hululement des chouettes. Des étoiles dans la nuit. De ce texto qui disait Je ne te quitte plus des yeux ;)
Je n'avais pas besoin de penser à lui. Il était partout. Évidemment.
Je voyais tout déformé, tout flou, tout à l'envers. Je ne pouvais qu'à peine ouvrir les yeux.
Je n'ai jamais vraiment eu de troubles du sommeil jusqu'à il y a quelques semaines.
Les derniers chocs sans aucun doute, qui commencent par chambouler les hormones, les cycles, les trucs qui ne posent habituellement pas de problèmes, et qui retournent la tête.
Réveil en sueur vers 4h du matin. Ariane dort près de moi. Son sommeil est si calme et si léger, comme elle, que j'ai l'impression qu'elle ne dort pas.
Nuit sans rêves. J'ai trop chaud. Je n'ai plus du tout sommeil. Je me sens presque comme trop heureuse pour dormir. Même si je n'arrive pas encore à sourire. Il est trop tôt.
Mais comment pourrais-je me poser avec tant de choses dans ma tête ?
Avant je dormais comme un bébé quoi qu'il arrive, de longues nuits, sans problèmes pour m'endormir ni vraiment pour me réveiller.
Maintenant c'est différent. Il y a tout le temps ce poids sur mon estomac.
J'attrape mon ordinateur, la recharge et m'installe dans la cuisine, avec un verre d'eau géant.
Je ne pourrai pas me rendormir.
Je me mets à lire, un par un, les commentaires de mon skyblog.
Trois méchants sur 300. C'est une bonne moyenne.
Je mets cette chanson dont A m'a parlé pour habiller le silence de la nuit, celle qu'on a écouté ensemble l'autre soir, chacun derrière nos écrans, à quelques kilomètres l'un de l'autre.
Étrange comme, rien qu'en se parlant via MSN, une vraie émotion peut passer.
Il me parle de lui, de son enfance et de la musique qui l'illustre.
Cela m'émeut à m'en foutre les larmes. Et je ressens ce vieux tube un peu ringard des années 80 comme une oeuvre d'art, un son hyper profond, qui réveille en moi une émotion qui se passe de mots.
J'ai beau me dire que je ne les aime pas pour leur passé, dès qu'ils en parlent, je fonds. Souvent en larmes.
Si je ne pouvais retenir ma bouche de les prononcer tout bas, je retenais mes doigts de ne pas écrire les trois mots fatidiques. Ces trois mots qui changent tout, même quand ça fait des mois qu'on emploie des périphrases pour faire comprendre ce qu'ils traduisent si bien.
Je me retenais mais il était tard. La douce mélancolie de la nuit exacerbait mes sens.
Je repensais à ce que m'avait dit Rush. Ne pas se déclarer la nuit. Préférer le jour, la clarté.
Et pourtant je ressens en A cette même attitude qui nous plonge sans cesse dans un état nocturne, de jour comme de nuit, à la fois sublimement mélancolique et plein d'espoir, la tête dans les étoiles et un demi-pied sur Terre.
Deux rêveurs ensemble ça peut finir mal, je vous vois venir. Mais ça peut aussi finir bien.
J'ai le temps d'essayer, j'ai le temps de me planter. Voilà au moins un avantage à mon jeune âge.
En rediscutant avec A, j'ai compris qu'en fait il n'avait pas découvert mon Joueb.
J'ai été à la fois soulagée et déçue, puis je me suis dit qu'il n'aurait pu rester si calme et si doux s'il avait vraiment lu toutes mes pages... Finalement c'est mieux comme ça. Et je me sens de nouveau plus libre.
C'était un faux problème. Juste un malentendu. C'est comme ça avec les gens qui aiment qu'on lise entre leurs lignes. On y lit parfois des bêtises.
Mais hier je n'ai pas rêvé, lorsqu'il m'a proposé de venir me voir ici, jeudi. Ou mercredi d'ailleurs. Mais le soir...
Mon esprit s'envole rapidement... Mais ces phrases étaient bien réelles, oui, bien réelles. Je lui en ai même reparlé plus tard et il a confirmé. Ce n'est pas un rêve, Marie. Ce n'est pas un rêve, enfin.
En sortant du train il fait une chaleur vraiment écrasante. Le ciel est lourd, l'air aussi.
Je propose à Fred et Ariane d'aller dîner à la plage.
Ariane dépose ses bagages chez moi, je laisse les miens aussi.
Nous marchons jusqu'à la plage en essayant de ne pas perdre de vue que nous avons cours demain et que non, nous ne sommes pas en vacances. Il n'empêche que c'est délicieux.
On s'installe en terrasse. L'air frais de la mer nous fait du bien.
Fred prend un dessert, Ariane et moi n'avons pas encore mangé et décidons de nous régaler avec une bonne crêpe salée.
C'est ça le bonheur, putain. C'est ça.
Trio presque improbable, bien qu'il se reforme tous les vendredis et les dimanches soirs.
Après une crêpe au citron et une dernière gorgée de diabolo fraise, on se précipite sur la plage.
La mer est haute. J'ai un short. Je dégage mon appareil photo et mon portable de mes poches. Je vais me tremper les pieds. Les vagues sont violentes. Mon short est vite attaqué.
On rit. On gueule.
Je n'ai vraiment aucunement besoin d'alcool pour faire des choses folles.
Je finis par remonter sur les galets, enlever mon t-shirt et me jeter à l'eau, en soutien-gorge et en short. Je fais quelques brasses.
Ariane hallucine. Fred jubile.
Mon portable n'a plus de batterie.
Je m'en contrefous.
On finit par rentrer, vers 23h30.
Fred rentre chez lui, Ariane reste dormir.
Je vais prendre une douche. Je discute un peu avec A sur msn, qui semblait m'attendre.
Je mets à recharger mon portable.
Je reçois un MMS de lui. Des excuses. Et une photo d'une sorte de fruit dans une petite cage.
Je lui demande des explications.
c'est des fleurs... ou un fruit je ne sais plus... tu reconnais peut etre... il s'appelle l'amour en cage...
Je lui demande aussi pourquoi il me demande pardon, même si je me doute que c'est parce qu'il n'a pas osé prendre sa voiture et m'emmener à la gare.
voilà desolé de n'avoir pas été un preux chevalier tout à l'heure.. cela aurait pu etre tres joli... mais les choses ne me parraissent pas aussi simples ...
Je me dis qu'il pourra se rattraper mercredi.
Je souris. Je m'en fous. C'est tellement mignon qu'il s'excuse.
Quelques minutes plus tard, je reçois un nouveau SMS, en retard.
Y'a un souci ?
Je lui redemande des explications et voilà qu'il me dit qu'il s'inquiétait.
Alors je fonds de nouveau et me dis qu'il a dû se prendre un coup sur la tête, avoir une grosse frayeur ou aller voir Deux jours à tuer pour changer d'attitude comme ça, pour se bouger enfin...
Peu importe, je ne veux pas le savoir.
J'essaye non plus de ne pas m'emballer, même si j'en ai très envie.
J'ai envie de sourire et de me dire que, ce matin, la vie est belle, facile comme tout, j'oublie les soucis qui me guettent au pied de mon lit, et que quoi que m'apporte ma journée, on ne pourra plus me la gâcher.
Je pourrais aussi vous parler de ce joli week-end à la campagne, avec mes cousins, mon oncle et ma tante. Du hululement des chouettes. Des étoiles dans la nuit. De ce texto qui disait Je ne te quitte plus des yeux ;)
Je n'avais pas besoin de penser à lui. Il était partout. Évidemment.
Ecrit par inconsciente, à 06:20 dans la rubrique Aujourd'hui.
Lire l'article ! (suite de l'article + 7 commentaires)
Vendredi (02/05/08)
Merci la vie

Samedi dernier, je suis allée voir Hélène à la maternité.
Il faisait beau, il y avait un monde fou en ville et le soleil essayait de retenir encore un peu mes taches de rousseur jusqu'au prochain jour ensoleillé. Jusqu'à ce que quelqu'un les trouve jolies.
J'ai trouvé magnifique sa petite fille. Les traits très fins, une expression très douce. Je me suis sentie sourire tristement en la regardant, mais pour me faire sourire joyeusement, Hélène m'a dit que j'étais belle avec ma jupe à petites fleurs.
Quand elle m'a raccompagnée jusqu'à l'ascenseur, on s'est embrassé très fort, comme pour se dire tout l'amour qu'on avait dans le coeur.
Pas besoin de se connaître tant que ça pour s'aimer beaucoup.
J'avais ensuite rendez-vous avec Aurélie.
En allant la rejoindre aux petites cuillères, j'ai croisé cinq filles du lycée.
L'une d'entre elles m'a exaspérée, à faire comme si elle me connaissait bien, comme si elle savait quelles sont les personnes importantes de ma vie.
J'ai secoué la tête comme pour l'enlever de mes pensées, j'ai essuyé mon front moite et j'ai marché droit vers la place où Aurélie m'attendait.
Elle avait trouvé une petite place à l'ombre, et nous avons discuté, profondément, comme nous le faisons toujours, autour de délices à boire et à manger.
Je suis rentrée et j'ai travaillé tout le dimanche sur cette foutue revue de presse que je devais présenter le lendemain.
Comme l'impression que cela faisait longtemps que je n'avais pas travaillé comme ça et que tout le boulot me tombait justement dessus en même temps.
Travailler dans l'urgence.
Je ne me souvenais plus à quel point j'adorais ça.
Mercredi, au lieu d'écrire au tableau "le mari de cette femme est docteur", Clooney a écrit "le marie de cette femme est docteur".
Quand je m'en suis rendu compte j'ai étouffé un rire, me suis mordu la joue droite pour ne pas sourire. Je me suis sentie devenir rouge coquelicot.
Je commençais à me cacher le visage avec mes mains lorsque Guillaume s'en est rendu compte et m'a regardé avec insistance...
Puis quelqu'un l'a enfin fait remarquer à Clooney qui l'a effacé en me disant :
-Ah c'est parce que je vous regardais !
Personne n'a retenu ses rires et il est bien sûr inutile de préciser qu'on m'a charriée tout le reste de la journée.
Il était très beau. Encore plus beau que d'habitude.
La pluie n'avait pas ébouriffé ses cheveux. Ils semblaient impeccablement coiffés.
Une jolie écharpe rose à rayures bleu marine était nouée autour de son cou. Un sourire calme sur ses lèvres.
Le simple fait de le regarder me faisait du bien, même si je ne savais pas pourquoi.
C'est étrange ces gens qui me calment. Ces gens qui me fascinent. Ces gens qui me feraient presque pleurer, juste parce qu'ils existent, juste parce que je les connais. Juste parce qu'ils vivent, là, devant moi.
Mais malgré ce léger éblouissement, je me sentais morose, dès le début de son cours.
Énervement de la lenteur des autres. Impression de ne pas avancer.
Je suis allée le voir à la pause, pour l'échange habituel de dvd, mais je ne me suis pas attardée.
Je me sentais grise. Et pas grisée.
Indifférente ou malmenée.
Aucun rapport avec lui puisqu'il ne m'apporte que du bon. Il n'est que bonus.
Mon sentiment d'énervement a grandi quand au cours suivant, on nous a rendu les rapports de stage.
13/20 pour le rapport, 15/20 pour le stage en général.
J'étais déçue, sans vraiment savoir pourquoi.
Je me suis dit que de toutes façons, ces notes étaient données à la tête du client, que c'était Sam qui les avaient données et qu'il n'avait sûrement pas saisi tout ce que j'avais mis dedans.
Pendant un stage, on vit trop de choses puissantes, trop de choses impalpables, trop de détails qui sont indescriptibles. Des détauls qu'on ne peut écrire dans le rapport puisqu'ils indiffèrent complètement le correcteur.
Sam me reprochait d'avoir passé plusieurs pages à expliquer ce que j'avais fait de mes semaines.
On ne te demande pas de faire un journal de bord !
Pourtant c'est bien ce qui m'importait à moi. Me souvenir de ce que j'avais fait, chaque jour.
Ce bonheur de tenir un Joueb en est d'ailleurs la preuve.
Je peux presque retrouver ce que j'ai fait de chacun de mes jours depuis avril 2005, via Joueb (j'ai d'ailleurs oublié de fêter mes trois ans de Joueb le 8 avril dernier...).
Ces notes m'ont énervée. J'ai toujours détesté les notes comme j'ai toujours détesté les âges.
Toujours des chiffres, des chiffres en trop. Maudits chiffres qui nous enferment dans des cases.
La journée s'est poursuivie.
Cours de géopolitique.
Je ne pouvais pas ne pas trouver tout intéressant, mais je ne pouvais pas non plus m'empêcher de penser que, en bonne petite grosse égoïste, je ne me sentais aucunement concernée par toutes ces grandes théories.
Je me suis ensuite dit que si tout le monde pensait comme moi, ce serait une catastrophe.
Et puis je me suis dit que je n'étais que moi, qu'après tout, ma durée sur Terre ne serait pas bien longue et que rien de ce que j'allais faire ne serait important.
Je me sentais faible. Pas faible physiquement pour une fois, non. Faible psychiquement. Presque humiliée. Comme en une dangereuse position de faiblesse. Paumée.
J'ai réfléchi toute la journée de mercredi à ce que j'allais bien pouvoir écrire ici.
J'ai écrit mille textes. Des pages et des pages. Des tonnes et des tonnes de mots. Sur tous les sujets. Sur n'importe quoi.
Mais dès qu'une nouvelle phrase se formulait dans mon esprit, la précédente s'effaçait, comme automatiquement.
J'avais des milliers d'images qui venaient dans ma tête, à chaque seconde.
Des souvenirs, des rêves. Des choses vécues, des films vus, des fantasmes, des paroles, des sourires, des regards. Des phrases tant répétées, trop entendues. Des sensations. Des frissons.
Et au final une grande amertume dans tout mon corps. Et même dans mon coeur.
Pourquoi suis-je partie ? Pourquoi ?
Est-ce à cause de cette impression effrayante de ne pas La connaître ? De La regarder et de me demander "Mais qui est-Elle ? Que fais-je dans Ses bras ? Qu'a-t-on vécu ? Un rêve ? Un cauchemar ?".
C'était à la fois trop dramatique et trop parfait pour être vrai.
Et pourtant Marie... Pourtant toi qui dis toujours que la vie serait mieux si elle ressemblait aux films que tu regardes à longueur de temps, c'était un vrai film que tu vivais.
C'était du cinéma.
Pas dans le sens mensonge et subterfuge, non.
C'était la vie.
Celle que tu remercies chaque jour par cette petite phrase courte, volée à un film, la vie que tu remercies pour sa cruauté et sa beauté.
Le soir, Aurélie est venue me rejoindre au Havre.
Je suis allée l'attendre à la gare.
J'ai essayé d'appeler Christine, simple envie de lui dire je t'aime de vive voix. Pas de réponse.
Quelques minutes plus tard, coup de fil de mon oncle.
Mes deux parents rêvés. Mes deux parents de coeur.
J'ai senti que la journée pouvait enfin bien commencer. Même s'il était plus de 18h30.
J'ai vu Aurélie arriver au loin, et toute la bêtise humaine s'est envolée, tout mon énervement, ma rage. Toute ma panique, ma peur de perdre ma liberté d'écrire, mon agacement, ce poids sur mon coeur.
Nous sommes allées voir Deux jours à tuer.
Plus qu'un film, une leçon de vie.
Un film que tout le monde devrait être obligé de voir.
Pour qu'enfin les idiots réalisent ce qu'ils perdent, minute après minute, à attendre que tout leur tombe tout cuit dans la bouche, à attendre un truc qui n'arrivera pas. Jusqu'au jour où une maladie ou bien un accident les emportera et où ils regretteront de n'avoir pas eu le courage de faire ce dont, au fond, ils mouraient d'envie.
Il faudrait qu'on soit tous sur le point de mourir pour être vraiment heureux.
Mais... Nous sommes tous sur le point de mourir.
Je voudrais vivre comme ça. Je voudrais vivre au jour le jour. Vivre au gré de ma spontanéité. Donner mon amour et le voir reçu, arrivé à bonne destination.
Mais les gens sont incapables. Ancrés dans leur petite vie rangée, dans la peur du désordre, sans rêves et sans courage.
Parfois je me demande si c'est moi qui ne tourne pas rond.
Si je suis folle à lier. Si je suis heureuse ou terriblement malheureuse.
Si je suis la seule à penser tout cela.
Et puis Albert Dupontel se met à incarner, à la perfection, ce que je ressens toute la journée.
Ce besoin de vivre. De vivre vraiment.
Et se sentir terriblement seul dans la sincérité.
Voilà mon problème, bien que je ne pense pas que cela en soit un, bien que je préfère avoir ce problème que de ressembler à tous les gens qui m'entourent.
Je suis trop honnête. Trop franche.
Quand j'aime je le montre. Quand je n'aime pas je le montre aussi.
Je ne suis pas calculatrice, je ne suis pas manipulatrice.
Je ne veux plus jamais mentir alors je ne fais que dire la vérité. Ma vérité. À longueur de journée.
J'en ai marre de faire des efforts qui ne sont jamais rendus.
Quand je n'attends rien, je reçois.
Mais quand j'attends, je ne reçois jamais rien.
Je suis fatiguée. L'attente m'use. L'effort aussi.
Les gens me font bien rire en me disant que j'ai 18 ans, que j'ai toute la vie devant moi, qu'il faut que j'arrête de vouloir précipiter les choses.
Mais putain si demain j'ai un accident, comme Linda.
Ma vie aura été une longue attente, à cause des autres.
Soit parce qu'ils m'ont empêchée de vivre, me mettant des menottes pour m'empêcher d'être heureuse, soit parce que ce sont eux qui se sont empêchés de vivre.
Je suis malheureuse pour eux.
Malheureuse pour lui.
Comme si je n'avais pas assez de ma propre détresse.
Il y des gens que je peux aimer gratuitement.
D'autres que je suis incapable d'aimer toute seule.
Je me démène pour que tout tourne bien, mais je ne serai jamais superwoman.
J'aurais voulu le rendre heureux, je m'en sentais capable. J'en étais capable.
Je ne crois plus qu'en l'amour de toutes façons.
En l'aimant je l'aurais sauvé ce Prince de malheur. J'en suis persuadée. C'est sûrement terriblement égocentrique de dire ça, mais j'assume.
Mon amour l'aurait sorti de cette vie de merde qui lui glaçait le sourire et lui figeait le coeur.
Il n'en a pas voulu.
Je ne sais plus bien ce que je dois faire.
Je voudrais que pour une fois, quelqu'un fasse un pas vers moi.
Il paraît qu'avant, c'était toujours les hommes qui faisaient "le premier pas".
Je n'ai jamais connu ça.
Je me replonge dans le passé, entre les lignes de mes Moleskine et de mes carnets à spirales.
Je ne me rappelais pas avoir été si juste, je ne me rappelais pas que j'avais eu des couilles à ce point là.
Je ne me rappelais pas avoir fait ces choses-là.
Je ne me rappelais pas que ma vie avait été si terrible, si dramatique, si cruelle.
J'avais peut-être préféré oublié.
N'en garder qu'une vague impression d'horreur, diluée avec le temps, mais qui ressort, comme neuve, lorsque j'entends des bribes de vocabulaire judiciaire ou que je vois une photo d'Elle.
Toutes ces choses sont tellement dans ma tête et dans mon histoire que je ne me rends plus compte de leur importance.
Alors quand je regarde tout ce chemin parcouru, en trois ans, ces trois ans qui m'ont semblé une éternité, je relativise quant à mes problèmes actuels.
Toute nue je l'ai déjà été. C'était bien pire que ça. Bien pire qu'aujourd'hui. Bien plus humiliant.
Alors c'est sûr, je ne pourrai plus écrire si librement ni vous donner tout ce que vous voulez lire maintenant que je sais qu'A me lit.
Je finirai par m'en aller d'ici, écrire ailleurs, jusqu'à ce que quelqu'un d'autre me retrouve.
Mais peut-être que demain je croiserai Dupontel et que, lui, ne se fera pas prier et me prendra comme je suis, sans vouloir perdre de temps, sans l'envie de se faire démesurément désirer.
On ne sait pas de quoi la vie est faite. Tout peut basculer à chaque seconde qui passe.
J'oublierai alors A instantanément et cela ne me fera plus rien que son regard vienne se poser ici.
Mais étant donné que mes chances de croiser Dupontel demain (et mes chances de lui taper dans l'oeil) sont très réduites, je vais attendre toute la journée que mon portable sonne et je serai sûrement déçue par son silence. Je partirai en week-end dépitée, et je retournerai triste et seule, prendre le train dimanche soir.
Dommage que les temps aient changé, que de nos jours ce soit chacun pour soi, que ces histoires d'amour démodées n'arrivent plus qu'au cinéma, qu'on devienne économe...
Et surtout économe des sentiments...
Il faisait beau, il y avait un monde fou en ville et le soleil essayait de retenir encore un peu mes taches de rousseur jusqu'au prochain jour ensoleillé. Jusqu'à ce que quelqu'un les trouve jolies.
J'ai trouvé magnifique sa petite fille. Les traits très fins, une expression très douce. Je me suis sentie sourire tristement en la regardant, mais pour me faire sourire joyeusement, Hélène m'a dit que j'étais belle avec ma jupe à petites fleurs.
Quand elle m'a raccompagnée jusqu'à l'ascenseur, on s'est embrassé très fort, comme pour se dire tout l'amour qu'on avait dans le coeur.
Pas besoin de se connaître tant que ça pour s'aimer beaucoup.
J'avais ensuite rendez-vous avec Aurélie.
En allant la rejoindre aux petites cuillères, j'ai croisé cinq filles du lycée.
L'une d'entre elles m'a exaspérée, à faire comme si elle me connaissait bien, comme si elle savait quelles sont les personnes importantes de ma vie.
J'ai secoué la tête comme pour l'enlever de mes pensées, j'ai essuyé mon front moite et j'ai marché droit vers la place où Aurélie m'attendait.
Elle avait trouvé une petite place à l'ombre, et nous avons discuté, profondément, comme nous le faisons toujours, autour de délices à boire et à manger.
Je suis rentrée et j'ai travaillé tout le dimanche sur cette foutue revue de presse que je devais présenter le lendemain.
Comme l'impression que cela faisait longtemps que je n'avais pas travaillé comme ça et que tout le boulot me tombait justement dessus en même temps.
Travailler dans l'urgence.
Je ne me souvenais plus à quel point j'adorais ça.
Mercredi, au lieu d'écrire au tableau "le mari de cette femme est docteur", Clooney a écrit "le marie de cette femme est docteur".
Quand je m'en suis rendu compte j'ai étouffé un rire, me suis mordu la joue droite pour ne pas sourire. Je me suis sentie devenir rouge coquelicot.
Je commençais à me cacher le visage avec mes mains lorsque Guillaume s'en est rendu compte et m'a regardé avec insistance...
Puis quelqu'un l'a enfin fait remarquer à Clooney qui l'a effacé en me disant :
-Ah c'est parce que je vous regardais !
Personne n'a retenu ses rires et il est bien sûr inutile de préciser qu'on m'a charriée tout le reste de la journée.
Il était très beau. Encore plus beau que d'habitude.
La pluie n'avait pas ébouriffé ses cheveux. Ils semblaient impeccablement coiffés.
Une jolie écharpe rose à rayures bleu marine était nouée autour de son cou. Un sourire calme sur ses lèvres.
Le simple fait de le regarder me faisait du bien, même si je ne savais pas pourquoi.
C'est étrange ces gens qui me calment. Ces gens qui me fascinent. Ces gens qui me feraient presque pleurer, juste parce qu'ils existent, juste parce que je les connais. Juste parce qu'ils vivent, là, devant moi.
Mais malgré ce léger éblouissement, je me sentais morose, dès le début de son cours.
Énervement de la lenteur des autres. Impression de ne pas avancer.
Je suis allée le voir à la pause, pour l'échange habituel de dvd, mais je ne me suis pas attardée.
Je me sentais grise. Et pas grisée.
Indifférente ou malmenée.
Aucun rapport avec lui puisqu'il ne m'apporte que du bon. Il n'est que bonus.
Mon sentiment d'énervement a grandi quand au cours suivant, on nous a rendu les rapports de stage.
13/20 pour le rapport, 15/20 pour le stage en général.
J'étais déçue, sans vraiment savoir pourquoi.
Je me suis dit que de toutes façons, ces notes étaient données à la tête du client, que c'était Sam qui les avaient données et qu'il n'avait sûrement pas saisi tout ce que j'avais mis dedans.
Pendant un stage, on vit trop de choses puissantes, trop de choses impalpables, trop de détails qui sont indescriptibles. Des détauls qu'on ne peut écrire dans le rapport puisqu'ils indiffèrent complètement le correcteur.
Sam me reprochait d'avoir passé plusieurs pages à expliquer ce que j'avais fait de mes semaines.
On ne te demande pas de faire un journal de bord !
Pourtant c'est bien ce qui m'importait à moi. Me souvenir de ce que j'avais fait, chaque jour.
Ce bonheur de tenir un Joueb en est d'ailleurs la preuve.
Je peux presque retrouver ce que j'ai fait de chacun de mes jours depuis avril 2005, via Joueb (j'ai d'ailleurs oublié de fêter mes trois ans de Joueb le 8 avril dernier...).
Ces notes m'ont énervée. J'ai toujours détesté les notes comme j'ai toujours détesté les âges.
Toujours des chiffres, des chiffres en trop. Maudits chiffres qui nous enferment dans des cases.
La journée s'est poursuivie.
Cours de géopolitique.
Je ne pouvais pas ne pas trouver tout intéressant, mais je ne pouvais pas non plus m'empêcher de penser que, en bonne petite grosse égoïste, je ne me sentais aucunement concernée par toutes ces grandes théories.
Je me suis ensuite dit que si tout le monde pensait comme moi, ce serait une catastrophe.
Et puis je me suis dit que je n'étais que moi, qu'après tout, ma durée sur Terre ne serait pas bien longue et que rien de ce que j'allais faire ne serait important.
Je me sentais faible. Pas faible physiquement pour une fois, non. Faible psychiquement. Presque humiliée. Comme en une dangereuse position de faiblesse. Paumée.
J'ai réfléchi toute la journée de mercredi à ce que j'allais bien pouvoir écrire ici.
J'ai écrit mille textes. Des pages et des pages. Des tonnes et des tonnes de mots. Sur tous les sujets. Sur n'importe quoi.
Mais dès qu'une nouvelle phrase se formulait dans mon esprit, la précédente s'effaçait, comme automatiquement.
J'avais des milliers d'images qui venaient dans ma tête, à chaque seconde.
Des souvenirs, des rêves. Des choses vécues, des films vus, des fantasmes, des paroles, des sourires, des regards. Des phrases tant répétées, trop entendues. Des sensations. Des frissons.
Et au final une grande amertume dans tout mon corps. Et même dans mon coeur.
Pourquoi suis-je partie ? Pourquoi ?
Est-ce à cause de cette impression effrayante de ne pas La connaître ? De La regarder et de me demander "Mais qui est-Elle ? Que fais-je dans Ses bras ? Qu'a-t-on vécu ? Un rêve ? Un cauchemar ?".
C'était à la fois trop dramatique et trop parfait pour être vrai.
Et pourtant Marie... Pourtant toi qui dis toujours que la vie serait mieux si elle ressemblait aux films que tu regardes à longueur de temps, c'était un vrai film que tu vivais.
C'était du cinéma.
Pas dans le sens mensonge et subterfuge, non.
C'était la vie.
Celle que tu remercies chaque jour par cette petite phrase courte, volée à un film, la vie que tu remercies pour sa cruauté et sa beauté.
Le soir, Aurélie est venue me rejoindre au Havre.
Je suis allée l'attendre à la gare.
J'ai essayé d'appeler Christine, simple envie de lui dire je t'aime de vive voix. Pas de réponse.
Quelques minutes plus tard, coup de fil de mon oncle.
Mes deux parents rêvés. Mes deux parents de coeur.
J'ai senti que la journée pouvait enfin bien commencer. Même s'il était plus de 18h30.
J'ai vu Aurélie arriver au loin, et toute la bêtise humaine s'est envolée, tout mon énervement, ma rage. Toute ma panique, ma peur de perdre ma liberté d'écrire, mon agacement, ce poids sur mon coeur.
Nous sommes allées voir Deux jours à tuer.
Plus qu'un film, une leçon de vie.
Un film que tout le monde devrait être obligé de voir.
Pour qu'enfin les idiots réalisent ce qu'ils perdent, minute après minute, à attendre que tout leur tombe tout cuit dans la bouche, à attendre un truc qui n'arrivera pas. Jusqu'au jour où une maladie ou bien un accident les emportera et où ils regretteront de n'avoir pas eu le courage de faire ce dont, au fond, ils mouraient d'envie.
Il faudrait qu'on soit tous sur le point de mourir pour être vraiment heureux.
Mais... Nous sommes tous sur le point de mourir.
Je voudrais vivre comme ça. Je voudrais vivre au jour le jour. Vivre au gré de ma spontanéité. Donner mon amour et le voir reçu, arrivé à bonne destination.
Mais les gens sont incapables. Ancrés dans leur petite vie rangée, dans la peur du désordre, sans rêves et sans courage.
Parfois je me demande si c'est moi qui ne tourne pas rond.
Si je suis folle à lier. Si je suis heureuse ou terriblement malheureuse.
Si je suis la seule à penser tout cela.
Et puis Albert Dupontel se met à incarner, à la perfection, ce que je ressens toute la journée.
Ce besoin de vivre. De vivre vraiment.
Et se sentir terriblement seul dans la sincérité.
Voilà mon problème, bien que je ne pense pas que cela en soit un, bien que je préfère avoir ce problème que de ressembler à tous les gens qui m'entourent.
Je suis trop honnête. Trop franche.
Quand j'aime je le montre. Quand je n'aime pas je le montre aussi.
Je ne suis pas calculatrice, je ne suis pas manipulatrice.
Je ne veux plus jamais mentir alors je ne fais que dire la vérité. Ma vérité. À longueur de journée.
J'en ai marre de faire des efforts qui ne sont jamais rendus.
Quand je n'attends rien, je reçois.
Mais quand j'attends, je ne reçois jamais rien.
Je suis fatiguée. L'attente m'use. L'effort aussi.
Les gens me font bien rire en me disant que j'ai 18 ans, que j'ai toute la vie devant moi, qu'il faut que j'arrête de vouloir précipiter les choses.
Mais putain si demain j'ai un accident, comme Linda.
Ma vie aura été une longue attente, à cause des autres.
Soit parce qu'ils m'ont empêchée de vivre, me mettant des menottes pour m'empêcher d'être heureuse, soit parce que ce sont eux qui se sont empêchés de vivre.
Je suis malheureuse pour eux.
Malheureuse pour lui.
Comme si je n'avais pas assez de ma propre détresse.
Il y des gens que je peux aimer gratuitement.
D'autres que je suis incapable d'aimer toute seule.
Je me démène pour que tout tourne bien, mais je ne serai jamais superwoman.
J'aurais voulu le rendre heureux, je m'en sentais capable. J'en étais capable.
Je ne crois plus qu'en l'amour de toutes façons.
En l'aimant je l'aurais sauvé ce Prince de malheur. J'en suis persuadée. C'est sûrement terriblement égocentrique de dire ça, mais j'assume.
Mon amour l'aurait sorti de cette vie de merde qui lui glaçait le sourire et lui figeait le coeur.
Il n'en a pas voulu.
Je ne sais plus bien ce que je dois faire.
Je voudrais que pour une fois, quelqu'un fasse un pas vers moi.
Il paraît qu'avant, c'était toujours les hommes qui faisaient "le premier pas".
Je n'ai jamais connu ça.
Je me replonge dans le passé, entre les lignes de mes Moleskine et de mes carnets à spirales.
Je ne me rappelais pas avoir été si juste, je ne me rappelais pas que j'avais eu des couilles à ce point là.
Je ne me rappelais pas avoir fait ces choses-là.
Je ne me rappelais pas que ma vie avait été si terrible, si dramatique, si cruelle.
J'avais peut-être préféré oublié.
N'en garder qu'une vague impression d'horreur, diluée avec le temps, mais qui ressort, comme neuve, lorsque j'entends des bribes de vocabulaire judiciaire ou que je vois une photo d'Elle.
Toutes ces choses sont tellement dans ma tête et dans mon histoire que je ne me rends plus compte de leur importance.
Alors quand je regarde tout ce chemin parcouru, en trois ans, ces trois ans qui m'ont semblé une éternité, je relativise quant à mes problèmes actuels.
Toute nue je l'ai déjà été. C'était bien pire que ça. Bien pire qu'aujourd'hui. Bien plus humiliant.
Alors c'est sûr, je ne pourrai plus écrire si librement ni vous donner tout ce que vous voulez lire maintenant que je sais qu'A me lit.
Je finirai par m'en aller d'ici, écrire ailleurs, jusqu'à ce que quelqu'un d'autre me retrouve.
Mais peut-être que demain je croiserai Dupontel et que, lui, ne se fera pas prier et me prendra comme je suis, sans vouloir perdre de temps, sans l'envie de se faire démesurément désirer.
On ne sait pas de quoi la vie est faite. Tout peut basculer à chaque seconde qui passe.
J'oublierai alors A instantanément et cela ne me fera plus rien que son regard vienne se poser ici.
Mais étant donné que mes chances de croiser Dupontel demain (et mes chances de lui taper dans l'oeil) sont très réduites, je vais attendre toute la journée que mon portable sonne et je serai sûrement déçue par son silence. Je partirai en week-end dépitée, et je retournerai triste et seule, prendre le train dimanche soir.
Dommage que les temps aient changé, que de nos jours ce soit chacun pour soi, que ces histoires d'amour démodées n'arrivent plus qu'au cinéma, qu'on devienne économe...
Et surtout économe des sentiments...
Ecrit par inconsciente, à 04:02 dans la rubrique Aujourd'hui.
Lire l'article ! (suite de l'article + 20 commentaires)
Samedi (26/04/08)
Long is the road

Je m'apprête à ranger mes affaires. La journée est terminée. Enfin !
Soudain je l'aperçois descendre l'escalier quatre à quatre, vêtu de son manteau et tenant son cartable à la main.
Je ne fais ni une ni deux. J'attrape mon sac d'une main et ma veste de l'autre. Je me précipite dans l'escalier, poussée par cette envie de vivre qui m'aurait quittée si je n'avais pas trouvé en lui un équivalent à tous ces visages qui me donnaient l'envie de me lever autrefois.
Je le vois au loin s'affairer autour de sa voiture, mettre son cartable dans le coffre, poser son manteau à l'arrière. Je souris.
Voilà, ça me suffit, je l'ai aperçu une dernière fois pour aujourd'hui.
Je passe près de la voiture, lui jette un rapide coup d'oeil, puis continue mon chemin lorsque sa voix interrompt mon pas cadencé.
-Voulez-vous que je vous dépose quelque part, Marie ?
Dans le ton de sa voix, j'ai l'impression d'entendre toute la réflexion qui l'a poussé, en quelques secondes, à décider de me proposer de me raccompagner
-Oh hé bah.. Oui, je veux bien !
Il entre dans la voiture, j'ouvre la portière, m'installe à ses côtés et il démarre.
Il appuie sur le bouton de la radio.
Les quelques mots qui s'échappent des enceintes au moment où la radio s'allume se trouvent bizarrement être "... ou faire l'amour avec elle".
Il appuie vite sur un autre bouton et c'est la voix de Franck Sinatra qui illustre cette fin de journée ensoleillée.
Il est 18h30. Ciel bleu et plein soleil. Il fait trop chaud. Comme d'habitude lorsqu'il est là, je sens l'air devenir moite. Il ouvre sa fenêtre.
L'impression de me retrouver dans l'un des films qu'il m'a prêtés.
Rouler au soleil. Le vent dans les cheveux.
Une musique entraînante et chaude qui ne vient pas rappeler un quelconque souvenir, une quelconque personne ou une quelconque effluve du passé.
Il roule un peu vite et c'est un délice. J'adore quand il accélère.
Je parle, sans complexes. Je lui dis tout ce que j'ai toujours eu envie de lui dire.
Ces petits détails idiots que j'ai retenus.
Ces questions que je voulais lui poser.
Il me parle de lui. D'une souffrance à un souvenir, d'un souvenir à une anecdote récente, d'une anecdote au récit de ses vacances.
Le trajet ne dure que dix minutes tout au plus mais je sors de sa voiture avec l'impression de lui avoir parlé des heures, de lui avoir dit beaucoup de choses et d'en avoir entendu beaucoup de lui.
Quand on attend rien des gens, on est immensément heureux lorsqu'ils donnent quelque chose...
Je n'attends rien de Clooney, je l'aime beaucoup parce qu'on rit ensemble, parce qu'il comprend mon goût du cinéma, parce qu'il est quelqu'un d'intéressant. Mais si je m'attendais à cette proposition...
Lorsque j'ai raconté ça à une amie de longue date, elle m'a dit "Putain mais c'est dingue ! Tu obtiens vraiment toujours tout ce que tu veux !".
J'ai peut-être un radar, un truc qui fait que je ne peux faire autrement que de voir les gens tout d'abord comme des êtres humains, avec un coeur, un passé, des blessures et des sentiments.
Même quand ces gens se trouvent être placés de l'autre côté du bureau, et même quand il faut que je les appelle Monsieur ou Madame.
Je n'y peux rien je suis comme ça. Je ne me rends même plus compte tant ça m'est naturel.
Hier soir, entre une pièce de théâtre et une soirée avec ma classe, mini discussion avec A sur msn. Son ordi n'arrête pas de planter (PC de merde). Je finis par lui envoyer un texto :
Bon ben bonne nuit bello.. Tu fais quoi ce week end?
Je coince mon portable dans mon soutien-gorge parce que la robe que j'ai mise n'a pas de poches, et le gilet qui recouvre vaguement mes épaules non plus.
Dix minutes plus tard, j'ai le thorax qui vibre.
Desole .. Probleme de connexion. Bonne nuit aussi bella..
Alors je m'envole. Même s'il n'a pas répondu à ma question.
En rentrant tout à l'heure, douce envie de le voir. Douce envie d'avoir peur.
Je lui demande ce qu'il fait vers 17h (heure à laquelle je sors du train).
Je ne reçois sa réponse que vers 18h.
Il est à la Fnac, où Cocoon donne un mini-concert.
J'irais bien mais... Mais si je ne le trouve pas ?
Mais si je croise mon père en descendant et qu'il me demande où je vais ?
Mais si ...
Et je suis tellement fatiguée... Et j'ai tellement envie de le voir tout seul. Juste lui. Juste moi. Pas au milieu d'une foule de groupies.
J'ai froid, je me glisse sous mon édredon en me traitant de conne, en me rongeant le peu d'ongles qui me reste (je commence d'ailleurs à avoir sérieusement mal au bout des doigts...).
Je ferme les yeux et pense à lui, au désir qui me vient lorsque je l'imagine se serrer dans mes bras, à sa bouche rouge, à son regard si doux et si dur, à ses joues piquantes et à ses mains qui ne ressemblent pas du tout aux mains dont je rêverais, mais qui me plaisent malgré tout.
À la tendresse qui s'empare de mon coeur quand j'imagine ma main se poser sur sa joue.
J'entends son petit rire étouffé qui me fait craquer.
Lorsque je rouvre les yeux, il est 19h45.
C'est ma mère qui vient me réveiller.
Elle s'allonge à côté de moi et commence à me raconter plein de trucs.
Elle parle parle parle des lettres de condoléances d'untel et d'untel, elle me dit qu'elle a de nouvelles photos de mon grand-père, des photos que mon oncle lui a scannées et qu'elle ne connaissait pas.
Elle me les envoie. Je ne veux pas les voir. Je les regarde, un peu forcée, mais referme vite la fenêtre du mail. C'est trop dur. C'est comme quand j'entends la voix de Lynda Lemay. J'ai cette impression d'horrible terreur et de terrible angoisse, ce malaise qui coupe les jambes, celui que j'ai ressenti, par deux fois, dans ces églises fleuries de larmes.
Semaine stressante mais belle.
Grande complicité avec Clooney, éclats de rire dans l'escalier, moqueries dans son bureau, confidences sur la route.
Préparation de la revue de presse de la semaine, découpage, collage, feuilletage, prise de tête, organisation, coups de gueule, café à la vanille, expressos, soupirs de ras-le-bol, sandwich dégueulasse.
Théâtre avec Garfu, Mél et Élodie. Adaptation très réussie de Feydeau par l'atelier théâtre de l'université.
Passage éclair à la soirée de l'IUT. Le barman me reconnaît et me demande si aujourd'hui je suis venue avec mes chaussures. Je bois un ti-punch. Je danse deux minutes. On repart.
Promenade dans la ville la nuit avec Mélanie. Je chante Simplement sur notre beau pont illuminé. je me rends compte que personne d'autre que Sheller ne peut vraiment la chanter. Même moi qui la connaît par coeur, du moindre mot à la moindre note, je peine à lui donner belle figure lorsque j'essaye de la chanter.
Je me sens quand même vraiment mieux.
Très fatiguée parce que je me couche bien trop tard et que je mange bien trop mal, mais j'ai plutôt le moral. J'ai des projets, mes petits trésors habituels qui sont là quand rien ne va plus et cette douceur dans le coeur.
Soudain je l'aperçois descendre l'escalier quatre à quatre, vêtu de son manteau et tenant son cartable à la main.
Je ne fais ni une ni deux. J'attrape mon sac d'une main et ma veste de l'autre. Je me précipite dans l'escalier, poussée par cette envie de vivre qui m'aurait quittée si je n'avais pas trouvé en lui un équivalent à tous ces visages qui me donnaient l'envie de me lever autrefois.
Je le vois au loin s'affairer autour de sa voiture, mettre son cartable dans le coffre, poser son manteau à l'arrière. Je souris.
Voilà, ça me suffit, je l'ai aperçu une dernière fois pour aujourd'hui.
Je passe près de la voiture, lui jette un rapide coup d'oeil, puis continue mon chemin lorsque sa voix interrompt mon pas cadencé.
-Voulez-vous que je vous dépose quelque part, Marie ?
Dans le ton de sa voix, j'ai l'impression d'entendre toute la réflexion qui l'a poussé, en quelques secondes, à décider de me proposer de me raccompagner
-Oh hé bah.. Oui, je veux bien !
Il entre dans la voiture, j'ouvre la portière, m'installe à ses côtés et il démarre.
Il appuie sur le bouton de la radio.
Les quelques mots qui s'échappent des enceintes au moment où la radio s'allume se trouvent bizarrement être "... ou faire l'amour avec elle".
Il appuie vite sur un autre bouton et c'est la voix de Franck Sinatra qui illustre cette fin de journée ensoleillée.
Il est 18h30. Ciel bleu et plein soleil. Il fait trop chaud. Comme d'habitude lorsqu'il est là, je sens l'air devenir moite. Il ouvre sa fenêtre.
L'impression de me retrouver dans l'un des films qu'il m'a prêtés.
Rouler au soleil. Le vent dans les cheveux.
Une musique entraînante et chaude qui ne vient pas rappeler un quelconque souvenir, une quelconque personne ou une quelconque effluve du passé.
Il roule un peu vite et c'est un délice. J'adore quand il accélère.
Je parle, sans complexes. Je lui dis tout ce que j'ai toujours eu envie de lui dire.
Ces petits détails idiots que j'ai retenus.
Ces questions que je voulais lui poser.
Il me parle de lui. D'une souffrance à un souvenir, d'un souvenir à une anecdote récente, d'une anecdote au récit de ses vacances.
Le trajet ne dure que dix minutes tout au plus mais je sors de sa voiture avec l'impression de lui avoir parlé des heures, de lui avoir dit beaucoup de choses et d'en avoir entendu beaucoup de lui.
Quand on attend rien des gens, on est immensément heureux lorsqu'ils donnent quelque chose...
Je n'attends rien de Clooney, je l'aime beaucoup parce qu'on rit ensemble, parce qu'il comprend mon goût du cinéma, parce qu'il est quelqu'un d'intéressant. Mais si je m'attendais à cette proposition...
Lorsque j'ai raconté ça à une amie de longue date, elle m'a dit "Putain mais c'est dingue ! Tu obtiens vraiment toujours tout ce que tu veux !".
J'ai peut-être un radar, un truc qui fait que je ne peux faire autrement que de voir les gens tout d'abord comme des êtres humains, avec un coeur, un passé, des blessures et des sentiments.
Même quand ces gens se trouvent être placés de l'autre côté du bureau, et même quand il faut que je les appelle Monsieur ou Madame.
Je n'y peux rien je suis comme ça. Je ne me rends même plus compte tant ça m'est naturel.
Hier soir, entre une pièce de théâtre et une soirée avec ma classe, mini discussion avec A sur msn. Son ordi n'arrête pas de planter (PC de merde). Je finis par lui envoyer un texto :
Bon ben bonne nuit bello.. Tu fais quoi ce week end?
Je coince mon portable dans mon soutien-gorge parce que la robe que j'ai mise n'a pas de poches, et le gilet qui recouvre vaguement mes épaules non plus.
Dix minutes plus tard, j'ai le thorax qui vibre.
Desole .. Probleme de connexion. Bonne nuit aussi bella..
Alors je m'envole. Même s'il n'a pas répondu à ma question.
En rentrant tout à l'heure, douce envie de le voir. Douce envie d'avoir peur.
Je lui demande ce qu'il fait vers 17h (heure à laquelle je sors du train).
Je ne reçois sa réponse que vers 18h.
Il est à la Fnac, où Cocoon donne un mini-concert.
J'irais bien mais... Mais si je ne le trouve pas ?
Mais si je croise mon père en descendant et qu'il me demande où je vais ?
Mais si ...
Et je suis tellement fatiguée... Et j'ai tellement envie de le voir tout seul. Juste lui. Juste moi. Pas au milieu d'une foule de groupies.
J'ai froid, je me glisse sous mon édredon en me traitant de conne, en me rongeant le peu d'ongles qui me reste (je commence d'ailleurs à avoir sérieusement mal au bout des doigts...).
Je ferme les yeux et pense à lui, au désir qui me vient lorsque je l'imagine se serrer dans mes bras, à sa bouche rouge, à son regard si doux et si dur, à ses joues piquantes et à ses mains qui ne ressemblent pas du tout aux mains dont je rêverais, mais qui me plaisent malgré tout.
À la tendresse qui s'empare de mon coeur quand j'imagine ma main se poser sur sa joue.
J'entends son petit rire étouffé qui me fait craquer.
Lorsque je rouvre les yeux, il est 19h45.
C'est ma mère qui vient me réveiller.
Elle s'allonge à côté de moi et commence à me raconter plein de trucs.
Elle parle parle parle des lettres de condoléances d'untel et d'untel, elle me dit qu'elle a de nouvelles photos de mon grand-père, des photos que mon oncle lui a scannées et qu'elle ne connaissait pas.
Elle me les envoie. Je ne veux pas les voir. Je les regarde, un peu forcée, mais referme vite la fenêtre du mail. C'est trop dur. C'est comme quand j'entends la voix de Lynda Lemay. J'ai cette impression d'horrible terreur et de terrible angoisse, ce malaise qui coupe les jambes, celui que j'ai ressenti, par deux fois, dans ces églises fleuries de larmes.
Semaine stressante mais belle.
Grande complicité avec Clooney, éclats de rire dans l'escalier, moqueries dans son bureau, confidences sur la route.
Préparation de la revue de presse de la semaine, découpage, collage, feuilletage, prise de tête, organisation, coups de gueule, café à la vanille, expressos, soupirs de ras-le-bol, sandwich dégueulasse.
Théâtre avec Garfu, Mél et Élodie. Adaptation très réussie de Feydeau par l'atelier théâtre de l'université.
Passage éclair à la soirée de l'IUT. Le barman me reconnaît et me demande si aujourd'hui je suis venue avec mes chaussures. Je bois un ti-punch. Je danse deux minutes. On repart.
Promenade dans la ville la nuit avec Mélanie. Je chante Simplement sur notre beau pont illuminé. je me rends compte que personne d'autre que Sheller ne peut vraiment la chanter. Même moi qui la connaît par coeur, du moindre mot à la moindre note, je peine à lui donner belle figure lorsque j'essaye de la chanter.
Je me sens quand même vraiment mieux.
Très fatiguée parce que je me couche bien trop tard et que je mange bien trop mal, mais j'ai plutôt le moral. J'ai des projets, mes petits trésors habituels qui sont là quand rien ne va plus et cette douceur dans le coeur.
Alors parle-moi, parle-moi de nous
Tous les deux, qu'est-ce qu'on veut
Qu'est-ce qu'on fout
Parle-moi, parle-moi de nous
Avec toi j'irai n'importe où
Parle-moi de toi
Ecrit par inconsciente, à 00:54 dans la rubrique Aujourd'hui.
Lire l'article ! (suite de l'article + 9 commentaires)
Mardi (22/04/08)
Et cette somme de nous
Soirée seule.
J'ai inauguré le pot de crème au caramel beurré salé et me suis fait un lait chaud au caramel tout à fait digne des petites cuillères...
Je n'ai pas croisé Clooney aujourd'hui, sûrement demain.
J'ai hâte de le revoir. Une hâte douce et modérée, juste parce qu'il est mon petit plaisir quotidien et que j'ai hâte de recommencer cet échange de films.
Ma grand-mère est venue déjeuner dimanche midi.
J'étais contente qu'elle soit là.
Contente de la voir sourire, malgré tout. Contente de pouvoir lui sourire aussi.
Pourtant, les larmes me montent aux yeux dès que je l'aperçois. Je prends tout mal. Quand elle me pose une question et que ma mère trouve le moyen de me couper la parole, ma gorge se noue d'une tristesse complètement disproportionnée.
Elles parlent de lui, évidemment. Regardent des photos. Mais moi je ne supporte pas.
En bonne petite égoïste, je ne supporte pas de voir ma souffrance s'interférer avec celle des autres. Evidemment c'est plus dur pour ma mère, évidemment le manque qu'elle ressent est plus fort que le mien, la douleur qu'elle ressent est plus profonde. Mais pourtant je ne supporte pas qu'elle veuille toujours mettre sa douleur à elle en avant. Moi mon père est mort. J'ai envie de lui répondre que Moi mon grand-père est mort. Et que ce n'est pas parce que je n'en parle pas toute la journée que je ne suis pas atrocement triste et que je n'y pense pas tout le temps.
J'en viens à me trouver pitoyable d'écrire un paragraphe entier là-dessus, sur cette impression vraiment égoïste. Mais au fond, comme dirait l'autre, On est tout seul quand on a mal.
Je suis retombée sur des mails du Prince datant de cet été.
J'ai eu mal. L'impression qu'on me tordait le coeur.
"Ma chère princesse"
"Tu m'as fait très plaisir ma reine"
"Je pense à toi beaucoup"
"Je t'apprécie beaucoup, tu es quelqu'un de bien, qui me fait aussi du bien et m'encourage sur mes raisons de vivre"
"J'étais très content de te voir"
"je pense beaucoup a toi"
Je le revoyais si souriant, si doux, si chaleureux. Si beau.
On riait au soleil.
Moi avec ma robe et lui avec son short.
Robin faisait l'imbécile au loin, monté sur un caddie.
C'était beau, c'était bien, c'était simple.
L'amour était dans l'air, il nous convenait comme ça.
Peut-être parce que c'était l'été, parce qu'en été on y croit, parce que le soleil nous pousse, nous donne envie de réaliser nos rêves.
Je me rappelle bien ces instants où tout aurait pu basculer. Dans nos mots, dans nos regards. Un tremblement dans nos voix et l'impression que nos corps se rapprochent.
-Comment tu sais ça, Princesse ... ?
Et puis l'hiver est arrivé, il me l'a emporté, me l'a glacé, me l'a attristé. Me l'a changé.
Le Prince de soleil est devenu Prince de glace.
J'ai eu mal d'avoir perdu tout cela. Mon Jean-Louis Aubert à moi. Mon Alévêque. Mon Albert Dupontel. Mon alter ego.
Car c'était vraiment ça. Je ne m'étais jamais senti si bien avec quelqu'un, c'est pour ça que j'y ai cru tellement longtemps et qu'en moi, une partie y croit encore.
Nous n'étions pas ennemis. Jamais. On se comprenait, on ne jouait pas l'un avec l'autre. On était honnête. Enfin c'est ce que je croyais.
Tu comptes pour moi
Tu comptes, plus que tout
Tu comptes pour moi
Tu comptes plus que tu le crois
Tu comptes plus que tout
Tu compteras jusqu'au bout
Combien de rendez-vous
Pour qu'on se rende un jour
A l'évidence
De l'amour
A l'évidence
De l'amour
Tu comptes, Jean-Louis Aubert
Je comptais pour lui. Et comme je ne savais pas compter, il comptait aussi pour moi.
J'ai eu envie de lui écrire, faire comme si rien n'avait changé depuis cette belle époque.
Lui dire que c'était bien, que je voulais recommencer à être sa meilleure copine.
Mais je ne l'ai pas fait. C'était sûrement une connerie, j'aurais sûrement été déçue, une fois de plus.
J'y repense toujours. Quelques notes de Joe Cocker, une brise d'été, de l'air sur mes jambes et je me revois dans la rue fraîche, vers 7h45, lorsque j'arrivais au lycée, pour le voir fumer sa première cigarette.
Grand et beau dans son pantalon de toile blanche. Tellement simple. Il me faisait tant de bien.
On se croisait. Il était la première personne à qui je parlais. C'était mieux que tout.
Voilà pourquoi lorsqu'A m'énerve ou lorsque je me sens commencer à souffrir à cause de lui, je stoppe les mauvais sentiments tout de suite.
Ce n'est pas un Prince lui. Ce n'est pas Sylvaine non plus. Il t'est tombé dessus par hasard, ne t'y accroches pas trop vite et ne fonde pas tous tes espoirs en lui. Ne commence par à souffrir de ses comportements. Il vient seulement d'entrer dans ta vie. Il te connaît si peu ! Et si en plus il ne se connaît pas, s'il se méfie de lui-même, s'il n'a pas confiance en lui...
Laisse grandir sa place dans ton coeur. Ne le fais pas trop vite. Ce n'est qu'un petit, tout petit, tout petit petit photographe. Et même s'il s'insinue profondément dans ton coeur.
Laisse-toi le temps, et laisse-lui le temps par la même occasion.
MERCI LA VIE dit : (22:20:49)
tu ne renonces pas au bonheur ni à l'espoir ?
A dit : (22:21:20)
je ne sais pas... sans doute que non ...
A dit : (22:21:38)
meme si c pas trop la forme en ce moment ...
MERCI LA VIE dit : (22:21:51)
pourquoi ?
A dit : (22:21:51)
je doute de tellement de choses :(
MERCI LA VIE dit : (22:22:03)
tu doutes de quoi ?
A dit : (22:22:08)
bonne question ...
MERCI LA VIE dit : (22:23:50)
tu ne veux pas qu'on t'aide ? tu ne veux pas qu'on t'aime ?
A dit : (22:24:46)
...
A dit : (22:25:28)
biensurque oui !! c surement possible !!
MERCI LA VIE dit : (22:26:30)
j'aimerais bien être à côté de toi là
A dit : (22:26:44)
;)
A dit : (22:26:51)
mais...
MERCI LA VIE dit : (22:27:38)
"tu n'es paaaaas lààà"
A dit : (22:27:53)
aqui la faute !!
A dit : (22:29:45)
on perd le fil ;)
MERCI LA VIE dit : (22:29:50)
oui
MERCI LA VIE dit : (22:30:24)
je disais que j'aimerais bien être à côté de toi, parce que ce soir j'ai envie de te parler, j'ai envie de t'écouter
A dit : (22:30:46)
mais c'est à moi det'écouter ;)
MERCI LA VIE dit : (22:30:51)
je sais
MERCI LA VIE dit : (22:31:00)
mais j'aime bien ta voix alors pourquoi je t'écouterais pas aussi
MERCI LA VIE dit : (22:31:21)
et puis je ne sais pas tellement parler toute seule
A dit : (22:31:40)
ah oui !! pas facile !!
A dit : (22:31:53)
mais je t'ecoute qd meme ;)
A dit : (22:34:04)
alors!!
A dit : (22:34:23)
par ou je commence !!
MERCI LA VIE dit : (22:34:28)
alors alors.. je voudrais te dire plein de choses mais je n'y arrive pas ;)
A dit : (22:36:00)
mais si je trouve que tu le dis très bien ...
A dit : (22:36:10)
entre les lignes je comprends !!
MERCI LA VIE dit : (22:36:22)
tu lis quoi entre les lignes ? :)
A dit : (22:36:32)
devine...
Alors il me rend un peu folle.
Je n'ose pas trop rêver.
C'est trop concret pour ne pas avoir envie d'en rêver mais c'est encore trop abstrait pour me dire que je ne vais pas me faire de mal, que je vais dans la bonne direction.
J'ai l'impression d'aller mieux quand même.
J'ai souri toute la journée et je n'ai pas eu trop l'impression de me forcer. Je me surprenais à dire que j'allais bien, à sourire d'un sourire plein de dents, à ne pas dire "oh j'en ai marre" toutes les deux secondes.
Une journée sans soupirs.
Dimanche j'ai perdu mon portefeuille à la gare.
Aujourd'hui quelqu'un a appelé chez moi à Rouen pour dire qu'il l'avait retrouvé. Bien sûr mon argent n'y était plus, mais je n'aurai pas à me refaire faire ma carte d'identité et ma carte vitale.
Ça ne m'inquiétait pas au fond. J'ai une telle confiance en l'humanité que j'aurais presque donné ma main à couper qu'il me reviendrait.
J'aurais été triste de perdre le photomaton de ma Christine et moi, même si j'en ai un double et que je l'ai scanné.
Alors voilà. Tout est bien qui fini bien.
Les deux mois qui restent vont être difficiles car surchargés de travail... Mais je ferai ce que je pourrai.
Et puis j'aurai, j'espère, A pour me faire rire et pour m'intriguer.
Pour me faire rêver.
MERCI LA VIE dit : (23:14:00)
bisou
A dit : (23:14:49)
bidou ...
A dit : (23:15:22)
toudoux!!
A dit : (23:15:31)
non non stop !!
MERCI LA VIE dit : (23:15:47)
vilain sourire d'enfer
A dit : (23:15:52)
tu vois ou tu m'emmènes...
A dit : (23:15:59)
c'estpasbien !!
MERCI LA VIE dit : (23:15:59)
tu y es allé tout seul :)
A dit : (23:16:36)
c'est virtuel tout ça...
MERCI LA VIE dit : (23:16:42)
ça t'arrange bien
A dit : (23:17:09)
... no comment !!
MERCI LA VIE dit : (23:17:14)
ouais
A dit : (23:17:20)
mais oui ... je crois ...
MERCI LA VIE dit : (23:17:57)
et là tu vas te déconnecter, c'est ça ?
A dit : (23:18:16)
:) ben oui !!
A dit : (23:18:35)
lasuite au prochain episode !!
MERCI LA VIE dit : (23:19:22)
to be continued...
A dit : (23:19:34)
ne manquer surtout pas le prochain numéro ... pour des avent... arghh !! le heros est mort !!
MERCI LA VIE dit : (23:19:44)
tête à claques
J'ai inauguré le pot de crème au caramel beurré salé et me suis fait un lait chaud au caramel tout à fait digne des petites cuillères...
Je n'ai pas croisé Clooney aujourd'hui, sûrement demain.
J'ai hâte de le revoir. Une hâte douce et modérée, juste parce qu'il est mon petit plaisir quotidien et que j'ai hâte de recommencer cet échange de films.
Ma grand-mère est venue déjeuner dimanche midi.
J'étais contente qu'elle soit là.
Contente de la voir sourire, malgré tout. Contente de pouvoir lui sourire aussi.
Pourtant, les larmes me montent aux yeux dès que je l'aperçois. Je prends tout mal. Quand elle me pose une question et que ma mère trouve le moyen de me couper la parole, ma gorge se noue d'une tristesse complètement disproportionnée.
Elles parlent de lui, évidemment. Regardent des photos. Mais moi je ne supporte pas.
En bonne petite égoïste, je ne supporte pas de voir ma souffrance s'interférer avec celle des autres. Evidemment c'est plus dur pour ma mère, évidemment le manque qu'elle ressent est plus fort que le mien, la douleur qu'elle ressent est plus profonde. Mais pourtant je ne supporte pas qu'elle veuille toujours mettre sa douleur à elle en avant. Moi mon père est mort. J'ai envie de lui répondre que Moi mon grand-père est mort. Et que ce n'est pas parce que je n'en parle pas toute la journée que je ne suis pas atrocement triste et que je n'y pense pas tout le temps.
J'en viens à me trouver pitoyable d'écrire un paragraphe entier là-dessus, sur cette impression vraiment égoïste. Mais au fond, comme dirait l'autre, On est tout seul quand on a mal.
Je suis retombée sur des mails du Prince datant de cet été.
J'ai eu mal. L'impression qu'on me tordait le coeur.
"Ma chère princesse"
"Tu m'as fait très plaisir ma reine"
"Je pense à toi beaucoup"
"Je t'apprécie beaucoup, tu es quelqu'un de bien, qui me fait aussi du bien et m'encourage sur mes raisons de vivre"
"J'étais très content de te voir"
"je pense beaucoup a toi"
Je le revoyais si souriant, si doux, si chaleureux. Si beau.
On riait au soleil.
Moi avec ma robe et lui avec son short.
Robin faisait l'imbécile au loin, monté sur un caddie.
C'était beau, c'était bien, c'était simple.
L'amour était dans l'air, il nous convenait comme ça.
Peut-être parce que c'était l'été, parce qu'en été on y croit, parce que le soleil nous pousse, nous donne envie de réaliser nos rêves.
Je me rappelle bien ces instants où tout aurait pu basculer. Dans nos mots, dans nos regards. Un tremblement dans nos voix et l'impression que nos corps se rapprochent.
-Comment tu sais ça, Princesse ... ?
Et puis l'hiver est arrivé, il me l'a emporté, me l'a glacé, me l'a attristé. Me l'a changé.
Le Prince de soleil est devenu Prince de glace.
J'ai eu mal d'avoir perdu tout cela. Mon Jean-Louis Aubert à moi. Mon Alévêque. Mon Albert Dupontel. Mon alter ego.
Car c'était vraiment ça. Je ne m'étais jamais senti si bien avec quelqu'un, c'est pour ça que j'y ai cru tellement longtemps et qu'en moi, une partie y croit encore.
Nous n'étions pas ennemis. Jamais. On se comprenait, on ne jouait pas l'un avec l'autre. On était honnête. Enfin c'est ce que je croyais.
Tu comptes pour moi
Tu comptes, plus que tout
Tu comptes pour moi
Tu comptes plus que tu le crois
Tu comptes plus que tout
Tu compteras jusqu'au bout
Combien de rendez-vous
Pour qu'on se rende un jour
A l'évidence
De l'amour
A l'évidence
De l'amour
Tu comptes, Jean-Louis Aubert
Je comptais pour lui. Et comme je ne savais pas compter, il comptait aussi pour moi.
J'ai eu envie de lui écrire, faire comme si rien n'avait changé depuis cette belle époque.
Lui dire que c'était bien, que je voulais recommencer à être sa meilleure copine.
Mais je ne l'ai pas fait. C'était sûrement une connerie, j'aurais sûrement été déçue, une fois de plus.
J'y repense toujours. Quelques notes de Joe Cocker, une brise d'été, de l'air sur mes jambes et je me revois dans la rue fraîche, vers 7h45, lorsque j'arrivais au lycée, pour le voir fumer sa première cigarette.
Grand et beau dans son pantalon de toile blanche. Tellement simple. Il me faisait tant de bien.
On se croisait. Il était la première personne à qui je parlais. C'était mieux que tout.
Voilà pourquoi lorsqu'A m'énerve ou lorsque je me sens commencer à souffrir à cause de lui, je stoppe les mauvais sentiments tout de suite.
Ce n'est pas un Prince lui. Ce n'est pas Sylvaine non plus. Il t'est tombé dessus par hasard, ne t'y accroches pas trop vite et ne fonde pas tous tes espoirs en lui. Ne commence par à souffrir de ses comportements. Il vient seulement d'entrer dans ta vie. Il te connaît si peu ! Et si en plus il ne se connaît pas, s'il se méfie de lui-même, s'il n'a pas confiance en lui...
Laisse grandir sa place dans ton coeur. Ne le fais pas trop vite. Ce n'est qu'un petit, tout petit, tout petit petit photographe. Et même s'il s'insinue profondément dans ton coeur.
Laisse-toi le temps, et laisse-lui le temps par la même occasion.
MERCI LA VIE dit : (22:20:49)
tu ne renonces pas au bonheur ni à l'espoir ?
A dit : (22:21:20)
je ne sais pas... sans doute que non ...
A dit : (22:21:38)
meme si c pas trop la forme en ce moment ...
MERCI LA VIE dit : (22:21:51)
pourquoi ?
A dit : (22:21:51)
je doute de tellement de choses :(
MERCI LA VIE dit : (22:22:03)
tu doutes de quoi ?
A dit : (22:22:08)
bonne question ...
MERCI LA VIE dit : (22:23:50)
tu ne veux pas qu'on t'aide ? tu ne veux pas qu'on t'aime ?
A dit : (22:24:46)
...
A dit : (22:25:28)
biensurque oui !! c surement possible !!
MERCI LA VIE dit : (22:26:30)
j'aimerais bien être à côté de toi là
A dit : (22:26:44)
;)
A dit : (22:26:51)
mais...
MERCI LA VIE dit : (22:27:38)
"tu n'es paaaaas lààà"
A dit : (22:27:53)
aqui la faute !!
A dit : (22:29:45)
on perd le fil ;)
MERCI LA VIE dit : (22:29:50)
oui
MERCI LA VIE dit : (22:30:24)
je disais que j'aimerais bien être à côté de toi, parce que ce soir j'ai envie de te parler, j'ai envie de t'écouter
A dit : (22:30:46)
mais c'est à moi det'écouter ;)
MERCI LA VIE dit : (22:30:51)
je sais
MERCI LA VIE dit : (22:31:00)
mais j'aime bien ta voix alors pourquoi je t'écouterais pas aussi
MERCI LA VIE dit : (22:31:21)
et puis je ne sais pas tellement parler toute seule
A dit : (22:31:40)
ah oui !! pas facile !!
A dit : (22:31:53)
mais je t'ecoute qd meme ;)
A dit : (22:34:04)
alors!!
A dit : (22:34:23)
par ou je commence !!
MERCI LA VIE dit : (22:34:28)
alors alors.. je voudrais te dire plein de choses mais je n'y arrive pas ;)
A dit : (22:36:00)
mais si je trouve que tu le dis très bien ...
A dit : (22:36:10)
entre les lignes je comprends !!
MERCI LA VIE dit : (22:36:22)
tu lis quoi entre les lignes ? :)
A dit : (22:36:32)
devine...
Alors il me rend un peu folle.
Je n'ose pas trop rêver.
C'est trop concret pour ne pas avoir envie d'en rêver mais c'est encore trop abstrait pour me dire que je ne vais pas me faire de mal, que je vais dans la bonne direction.
J'ai l'impression d'aller mieux quand même.
J'ai souri toute la journée et je n'ai pas eu trop l'impression de me forcer. Je me surprenais à dire que j'allais bien, à sourire d'un sourire plein de dents, à ne pas dire "oh j'en ai marre" toutes les deux secondes.
Une journée sans soupirs.
Dimanche j'ai perdu mon portefeuille à la gare.
Aujourd'hui quelqu'un a appelé chez moi à Rouen pour dire qu'il l'avait retrouvé. Bien sûr mon argent n'y était plus, mais je n'aurai pas à me refaire faire ma carte d'identité et ma carte vitale.
Ça ne m'inquiétait pas au fond. J'ai une telle confiance en l'humanité que j'aurais presque donné ma main à couper qu'il me reviendrait.
J'aurais été triste de perdre le photomaton de ma Christine et moi, même si j'en ai un double et que je l'ai scanné.
Alors voilà. Tout est bien qui fini bien.
Les deux mois qui restent vont être difficiles car surchargés de travail... Mais je ferai ce que je pourrai.
Et puis j'aurai, j'espère, A pour me faire rire et pour m'intriguer.
Pour me faire rêver.
MERCI LA VIE dit : (23:14:00)
bisou
A dit : (23:14:49)
bidou ...
A dit : (23:15:22)
toudoux!!
A dit : (23:15:31)
non non stop !!
MERCI LA VIE dit : (23:15:47)
vilain sourire d'enfer
A dit : (23:15:52)
tu vois ou tu m'emmènes...
A dit : (23:15:59)
c'estpasbien !!
MERCI LA VIE dit : (23:15:59)
tu y es allé tout seul :)
A dit : (23:16:36)
c'est virtuel tout ça...
MERCI LA VIE dit : (23:16:42)
ça t'arrange bien
A dit : (23:17:09)
... no comment !!
MERCI LA VIE dit : (23:17:14)
ouais
A dit : (23:17:20)
mais oui ... je crois ...
MERCI LA VIE dit : (23:17:57)
et là tu vas te déconnecter, c'est ça ?
A dit : (23:18:16)
:) ben oui !!
A dit : (23:18:35)
lasuite au prochain episode !!
MERCI LA VIE dit : (23:19:22)
to be continued...
A dit : (23:19:34)
ne manquer surtout pas le prochain numéro ... pour des avent... arghh !! le heros est mort !!
MERCI LA VIE dit : (23:19:44)
tête à claques
Ecrit par inconsciente, à 01:04 dans la rubrique Aujourd'hui.
Lire l'article ! (suite de l'article + 10 commentaires)
Vendredi (18/04/08)
Bordel d'esprit
--> commencé le 15/04 et terminé aujourd'hui
Parfois, en faisant un geste, n’importe lequel, j’ai une effluve d’Elle sur moi.
Du parfum de son corps, de ses cheveux. Je me mets alors à me renifler, pour trouver d’où provient l’odeur.
Je reste là, en suspend, quelques secondes à me sentir le bras. J’arrête toute activité. Et je laisse le parfum envahir mes sens. Cela ne me rend pas vraiment heureuse mais cela ne me tord pas l’estomac ou le cœur. Pas comme certaines autres odeurs. Ou saveurs.
Je ne peux par exemple plus manger de riz cantonnais.
Sa simple odeur me soulève le cœur, me serre la gorge. L’angoisse s’empare de tout mon corps, bloque mes pensées.
Comme dans Harry Potter, comme si un détraqueur avait bloqué toutes mes pensées ou souvenirs heureux pour laisser place à l’angoisse et la tristesse.
Nous en avons tellement mangé. Parfois c’était Elle, parfois c’était moi qui allait l’acheter dans le petit restaurant chinois d’en bas.
Je ne sais plus si c’est un bon ou un mauvais souvenir.
En ce moment je n’arrive pas à voir cette expérience passée, avec Elle, comme belle.
Je crois que la peur que j’ai ressenti pendant trois ans et le remord que j’ai encore de l’avoir quittée ont tout englouti.
Mais pas définitivement. Du moins je l’espère.
Je repousse juste chaque jour le moment d’y penser profondément, parce que je sais que ça me fait mal et que j’ai déjà suffisamment mal comme ça pour l’instant, et à cause d’autres choses plus graves que la simple tristesse de voir un souvenir devenir mauvais.
J’ai parfois encore de violents accès de haine envers mes parents. L’envie me brûle la peau de les tuer de mes propres mains. Pour que notre malheur soit vengé. Pour que je puisse recommencer une vie sans me dire que je fais ce que je fais pour leur faire plaisir, parce que j’ai toujours peur d’agir comme ça inconsciemment. Et d’être par conséquent une lâche.
En ce moment je ne supporte plus non plus ma sœur. Dès que je passe quelques minutes avec elle, je n’ai qu’une envie : faire vœu de stérilité et ne jamais, jamais avoir de progéniture. Mais il paraît que l’envie vient avec les années.
Pour une fois que je me sentirais dans mon âge pour quelque chose.
Ces derniers jours, j’ai beaucoup de mal à m’endormir.
Je ne sais si c’est à cause du lit terriblement inconfortable que je suis contrainte de partager avec ma sœur ou bien si c’est dû à autre chose.
Il n’empêche que mes paupières, usées par le manque de sommeil, ne se ferment qu’à l’heure où le soleil se lève.
Je passe des heures d’angoisse, je revois le visage de Linda, je revois le cercueil de Papane. Je ne peux pas y croire. Rien que d'y penser et j'ai l'impression que mes yeux sortent de leurs orbites, que la mort se glisse en moi. J'ai froid.
Je passe des heures brouillonnes, à réfléchir à des dialogues que je pourrais avoir avec A, au comportement à adopter la prochaine fois qu’on se verra, je m’évade quelques minutes dans de longs rêves, de longs scénarios doux dans lesquels il se laisserait faire, se laisserait aimer.
Je réfléchis à ce que je veux vraiment.
Je sais que je veux être avec lui, mais je ne sais pas exactement à quoi j’aimerais que ressemble notre histoire.
Je m’intéresse aux hommes plus âgés parce qu’ils n’ont pas envie de perdre leur temps, parce qu’ils veulent une relation sérieuse, quelque chose qui dure et pas une amourette pour passer le temps. Et c’est aussi ce que je cherche.
Je cherche la stabilité. La stabilité et l’enrichissement mutuel.
Mais l’enrichissement, je ne le trouve jamais auprès de personnes de mon âge –sauf exception bien sûr-.
Et ces mêmes personnes ne cherchent pas non plus la stabilité.
Les 400 coups je n’ai aucune envie de les faire.
Je sais aussi que je saurais être fidèle, que je saurais me contenter d’une seule personne.
Je me souviens qu’au tout début, lorsque j’ai rencontré Elle, je me rendais compte que j’étais folle amoureuse d’Elle mais je ne me souviens pas m’être dit « Oh purée, je suis lesbienne ».
Cet amour pour Elle m’était naturel. Évident.
Après, j’ai remarqué que je ne regardais jamais les hommes dans la rue. Jamais.
Et que lorsque mes copines me disaient « Putain, il était pas mal celui-là tu trouves pas ? », je n’avais même pas remarqué le beau mâle à qui elles faisaient allusion.
Je ne regardais pas vraiment leurs femmes non plus. La plupart d’entre elles étaient vulgaires, inintéressantes. Les seules qui pouvaient attirer mon attention étaient celles qu’on me mettait sous les yeux. Une femme dans un café, la serveuse, une invitée à une fête, la femme du frère du marié aux mariages, la sœur de la mère d’une copine de ma sœur.
Maintenant je ne regarde plus personne. Est-ce parce que je suis en train de tomber amoureuse et que par conséquent, les autres ne m’intéressent plus ?
Peut-être.
Les seuls que je regarde parfois sont les cinquantenaires, qui me paraissent toujours si classes, si respectables, si désespérés et si cultivés.
Les autres, je ne les regarde pas.
Les quadragénaires sont soit divorcés, soit mariés, ils ne semblent pas avoir de recul, ils sont brut de décoffrage, ils ont soit trop d’espoir, soit plus du tout, ils ne s’arrêtent pas pour contempler la vie.
Quant aux trentenaires, ils sont soit célibataires endurcis parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent et ont peur de l’engagement, soit ils préparent leur mariage ou attendent un bébé.
(Non, ne hurlez pas, c’est juste ma vision, et je sais trèèèès bien qu’elle peut être complètement erronée).
Je ne me serais pas retournée sur le passage d’A si je ne m’étais pas retrouvée dans ce grand bureau, à quelques mètres de lui. Si nos regards presque entendus ne s’étaient pas démesurément attardés dans les yeux de l’autre.
A m’est tombé dessus par hasard et si nous parvenons à nous mettre ensemble, je sais qu’il m’en fera baver parce qu’il a peur de l’amour.
Lorsqu’il m’a dit que j’étais bien trop entière pour un mec comme lui, j’aurais dû lui dire que seule une femme pourrait m’aimer comme moi j’aime, mais que je n’ai pas envie de vivre avec une femme.
Cette idée me fait peur. Je n’y vois pas un futur qui me plaît. Je n’y vois plus d’avenir.
Ce sentiment m’est-il venu tout seul ou bien est-il entré de façon perverse dans mon esprit, à travers les mots de mes parents et d’autres conseillers aux esprits fermés ?
Pourrais-je vivre avec un homme sans avoir un jour l’envie de le tromper pour retomber, quelques heures, dans les bras d’une femme ?
Je crois en l’amour, en la fidélité.
Mais peut-être suis-je la seule sur cette terre à y croire encore…
Je voudrais connaître les rêves d’A. Je voudrais savoir si je suis capable de les réaliser.
Mais avant de lui poser ces questions, je voudrais caresser sa peau, me serrer dans ses bras, respirer son odeur, embrasser ses lèvres avec les miennes, ses lèvres qui ont l’air si douces.
Mais je m’embarquerais alors dans une histoire de sexe, une histoire à laquelle on réfléchit après, après s’être entiché du corps de l’autre, après s’être gravés l’un dans l’autre, pour toujours.
Car je suis incapable de sexe sans amour, et je sais que je suis déjà en train d’aimer A, même si c’est moins fort que pour les autres d’avant. C’est peut-être même mieux.
Je cherche une histoire sérieuse et j’ai tout juste 18 ans.
Est-ce que c’est ça, croire au Prince Charmant ? Je ne crois pas.
Je voudrais un pilier, un accolyte, un amoureux stable, pas pressé de fonder une famille mais suffisamment aimant pour rester, pour attendre. Attendre que je finisse mes études avant de fonder une vraie famille, avec un nid à nous.
Je voudrais quelque chose d’officiel, quelque chose qu’on assumerait, quelque chose qui me tranquiliserait, quelque chose qui me rendrait heureuse, qui rendrait l’autre heureux aussi et surtout.
Je voudrais l’amour, l’amour stable. Je veux bannir la passion de ma vie, car la passion est destructrice, impossible.
Je voudrais être avec A.
Je voudrais qu’on se parle, qu’on rie ensemble, qu’on s’éclate tous les deux.
Je voudrais qu’on se pose la question géniale que pose Jean-Pierre Darroussin à ses amis dans Le cœur des hommes :
« Mais qu’est-ce que je ferais si j’étais moins con ?! ».
Je voudrais être sa réponse. La réponse d’A.
Je voudrais qu’on tente, à nos risques et périls.
Mais si la prochaine fois je me jette sur lui et qu’il ne me repousse pas, qu’en sera-t-il de notre avenir ?
Je voudrais ne pas avoir à me poser ces questions. Je voudrais bannir aussi la raison de ma vie. Je voudrais qu’il n’y ait plus que l’amour.
Je voudrais avoir le droit de marcher dans la rue avec celui que j’aime, main dans la main, sans que l’un de nous ne doive se cacher.
Je voudrais qu’on s’aime et je voudrais qu’on assume.
J’ai trop de choses dans la tête.
Au fond ce que je voudrais, c’est une boule de cristal, comme tout le monde.
Après tout, pourquoi je ne m’embarquerais pas dans une histoire dont je n’ai pas spécialement envie de connaître la fin ?
Pourquoi je n’essayerais pas ?
Je n’ai rien à perdre, je l’ai déjà écrit.
Nous ne sommes pas amis et ne serons jamais amis.
Nous n’avons pas passé sept mois à nous aimer en silence, en regards et en sourires.
Je ne suis pas passionnément attachée à lui, et il pourrait encore sortir de ma vie assez facilement, sans trop de douleurs…
Laisse-toi porter, me souffle le vent.
Il a sûrement raison.
Du parfum de son corps, de ses cheveux. Je me mets alors à me renifler, pour trouver d’où provient l’odeur.
Je reste là, en suspend, quelques secondes à me sentir le bras. J’arrête toute activité. Et je laisse le parfum envahir mes sens. Cela ne me rend pas vraiment heureuse mais cela ne me tord pas l’estomac ou le cœur. Pas comme certaines autres odeurs. Ou saveurs.
Je ne peux par exemple plus manger de riz cantonnais.
Sa simple odeur me soulève le cœur, me serre la gorge. L’angoisse s’empare de tout mon corps, bloque mes pensées.
Comme dans Harry Potter, comme si un détraqueur avait bloqué toutes mes pensées ou souvenirs heureux pour laisser place à l’angoisse et la tristesse.
Nous en avons tellement mangé. Parfois c’était Elle, parfois c’était moi qui allait l’acheter dans le petit restaurant chinois d’en bas.
Je ne sais plus si c’est un bon ou un mauvais souvenir.
En ce moment je n’arrive pas à voir cette expérience passée, avec Elle, comme belle.
Je crois que la peur que j’ai ressenti pendant trois ans et le remord que j’ai encore de l’avoir quittée ont tout englouti.
Mais pas définitivement. Du moins je l’espère.
Je repousse juste chaque jour le moment d’y penser profondément, parce que je sais que ça me fait mal et que j’ai déjà suffisamment mal comme ça pour l’instant, et à cause d’autres choses plus graves que la simple tristesse de voir un souvenir devenir mauvais.
J’ai parfois encore de violents accès de haine envers mes parents. L’envie me brûle la peau de les tuer de mes propres mains. Pour que notre malheur soit vengé. Pour que je puisse recommencer une vie sans me dire que je fais ce que je fais pour leur faire plaisir, parce que j’ai toujours peur d’agir comme ça inconsciemment. Et d’être par conséquent une lâche.
En ce moment je ne supporte plus non plus ma sœur. Dès que je passe quelques minutes avec elle, je n’ai qu’une envie : faire vœu de stérilité et ne jamais, jamais avoir de progéniture. Mais il paraît que l’envie vient avec les années.
Pour une fois que je me sentirais dans mon âge pour quelque chose.
Ces derniers jours, j’ai beaucoup de mal à m’endormir.
Je ne sais si c’est à cause du lit terriblement inconfortable que je suis contrainte de partager avec ma sœur ou bien si c’est dû à autre chose.
Il n’empêche que mes paupières, usées par le manque de sommeil, ne se ferment qu’à l’heure où le soleil se lève.
Je passe des heures d’angoisse, je revois le visage de Linda, je revois le cercueil de Papane. Je ne peux pas y croire. Rien que d'y penser et j'ai l'impression que mes yeux sortent de leurs orbites, que la mort se glisse en moi. J'ai froid.
Je passe des heures brouillonnes, à réfléchir à des dialogues que je pourrais avoir avec A, au comportement à adopter la prochaine fois qu’on se verra, je m’évade quelques minutes dans de longs rêves, de longs scénarios doux dans lesquels il se laisserait faire, se laisserait aimer.
Je réfléchis à ce que je veux vraiment.
Je sais que je veux être avec lui, mais je ne sais pas exactement à quoi j’aimerais que ressemble notre histoire.
Je m’intéresse aux hommes plus âgés parce qu’ils n’ont pas envie de perdre leur temps, parce qu’ils veulent une relation sérieuse, quelque chose qui dure et pas une amourette pour passer le temps. Et c’est aussi ce que je cherche.
Je cherche la stabilité. La stabilité et l’enrichissement mutuel.
Mais l’enrichissement, je ne le trouve jamais auprès de personnes de mon âge –sauf exception bien sûr-.
Et ces mêmes personnes ne cherchent pas non plus la stabilité.
Les 400 coups je n’ai aucune envie de les faire.
Je sais aussi que je saurais être fidèle, que je saurais me contenter d’une seule personne.
Je me souviens qu’au tout début, lorsque j’ai rencontré Elle, je me rendais compte que j’étais folle amoureuse d’Elle mais je ne me souviens pas m’être dit « Oh purée, je suis lesbienne ».
Cet amour pour Elle m’était naturel. Évident.
Après, j’ai remarqué que je ne regardais jamais les hommes dans la rue. Jamais.
Et que lorsque mes copines me disaient « Putain, il était pas mal celui-là tu trouves pas ? », je n’avais même pas remarqué le beau mâle à qui elles faisaient allusion.
Je ne regardais pas vraiment leurs femmes non plus. La plupart d’entre elles étaient vulgaires, inintéressantes. Les seules qui pouvaient attirer mon attention étaient celles qu’on me mettait sous les yeux. Une femme dans un café, la serveuse, une invitée à une fête, la femme du frère du marié aux mariages, la sœur de la mère d’une copine de ma sœur.
Maintenant je ne regarde plus personne. Est-ce parce que je suis en train de tomber amoureuse et que par conséquent, les autres ne m’intéressent plus ?
Peut-être.
Les seuls que je regarde parfois sont les cinquantenaires, qui me paraissent toujours si classes, si respectables, si désespérés et si cultivés.
Les autres, je ne les regarde pas.
Les quadragénaires sont soit divorcés, soit mariés, ils ne semblent pas avoir de recul, ils sont brut de décoffrage, ils ont soit trop d’espoir, soit plus du tout, ils ne s’arrêtent pas pour contempler la vie.
Quant aux trentenaires, ils sont soit célibataires endurcis parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent et ont peur de l’engagement, soit ils préparent leur mariage ou attendent un bébé.
(Non, ne hurlez pas, c’est juste ma vision, et je sais trèèèès bien qu’elle peut être complètement erronée).
Je ne me serais pas retournée sur le passage d’A si je ne m’étais pas retrouvée dans ce grand bureau, à quelques mètres de lui. Si nos regards presque entendus ne s’étaient pas démesurément attardés dans les yeux de l’autre.
A m’est tombé dessus par hasard et si nous parvenons à nous mettre ensemble, je sais qu’il m’en fera baver parce qu’il a peur de l’amour.
Lorsqu’il m’a dit que j’étais bien trop entière pour un mec comme lui, j’aurais dû lui dire que seule une femme pourrait m’aimer comme moi j’aime, mais que je n’ai pas envie de vivre avec une femme.
Cette idée me fait peur. Je n’y vois pas un futur qui me plaît. Je n’y vois plus d’avenir.
Ce sentiment m’est-il venu tout seul ou bien est-il entré de façon perverse dans mon esprit, à travers les mots de mes parents et d’autres conseillers aux esprits fermés ?
Pourrais-je vivre avec un homme sans avoir un jour l’envie de le tromper pour retomber, quelques heures, dans les bras d’une femme ?
Je crois en l’amour, en la fidélité.
Mais peut-être suis-je la seule sur cette terre à y croire encore…
Je voudrais connaître les rêves d’A. Je voudrais savoir si je suis capable de les réaliser.
Mais avant de lui poser ces questions, je voudrais caresser sa peau, me serrer dans ses bras, respirer son odeur, embrasser ses lèvres avec les miennes, ses lèvres qui ont l’air si douces.
Mais je m’embarquerais alors dans une histoire de sexe, une histoire à laquelle on réfléchit après, après s’être entiché du corps de l’autre, après s’être gravés l’un dans l’autre, pour toujours.
Car je suis incapable de sexe sans amour, et je sais que je suis déjà en train d’aimer A, même si c’est moins fort que pour les autres d’avant. C’est peut-être même mieux.
Je cherche une histoire sérieuse et j’ai tout juste 18 ans.
Est-ce que c’est ça, croire au Prince Charmant ? Je ne crois pas.
Je voudrais un pilier, un accolyte, un amoureux stable, pas pressé de fonder une famille mais suffisamment aimant pour rester, pour attendre. Attendre que je finisse mes études avant de fonder une vraie famille, avec un nid à nous.
Je voudrais quelque chose d’officiel, quelque chose qu’on assumerait, quelque chose qui me tranquiliserait, quelque chose qui me rendrait heureuse, qui rendrait l’autre heureux aussi et surtout.
Je voudrais l’amour, l’amour stable. Je veux bannir la passion de ma vie, car la passion est destructrice, impossible.
Je voudrais être avec A.
Je voudrais qu’on se parle, qu’on rie ensemble, qu’on s’éclate tous les deux.
Je voudrais qu’on se pose la question géniale que pose Jean-Pierre Darroussin à ses amis dans Le cœur des hommes :
« Mais qu’est-ce que je ferais si j’étais moins con ?! ».
Je voudrais être sa réponse. La réponse d’A.
Je voudrais qu’on tente, à nos risques et périls.
Mais si la prochaine fois je me jette sur lui et qu’il ne me repousse pas, qu’en sera-t-il de notre avenir ?
Je voudrais ne pas avoir à me poser ces questions. Je voudrais bannir aussi la raison de ma vie. Je voudrais qu’il n’y ait plus que l’amour.
Je voudrais avoir le droit de marcher dans la rue avec celui que j’aime, main dans la main, sans que l’un de nous ne doive se cacher.
Je voudrais qu’on s’aime et je voudrais qu’on assume.
J’ai trop de choses dans la tête.
Au fond ce que je voudrais, c’est une boule de cristal, comme tout le monde.
Après tout, pourquoi je ne m’embarquerais pas dans une histoire dont je n’ai pas spécialement envie de connaître la fin ?
Pourquoi je n’essayerais pas ?
Je n’ai rien à perdre, je l’ai déjà écrit.
Nous ne sommes pas amis et ne serons jamais amis.
Nous n’avons pas passé sept mois à nous aimer en silence, en regards et en sourires.
Je ne suis pas passionnément attachée à lui, et il pourrait encore sortir de ma vie assez facilement, sans trop de douleurs…
Laisse-toi porter, me souffle le vent.
Il a sûrement raison.
Ecrit par inconsciente, à 17:49 dans la rubrique Aujourd'hui.
Lire l'article ! (suite de l'article + 58 commentaires)
Insolation
--> écrit le 14/04/2008
Au fond, la mer c’est un peu comme l’amour.
Assise sur ce rocher, je la regarde. Verte, bleue. Elle paraît si chaude. Elle me fait tellement envie. Elle effacerait la sueur de mon front d’une caresse transparente. Si je portais mon maillot de bain sous mon short et mon pull, je les quitterais de quelques gestes et plongerait en elle, la rejoindrait, deviendrait comme une excroissance, comme ces bateaux qui font corps avec elle.
Mais si je sautais vraiment, le froid m’envahirait alors, le courant me cognerait contre les rochers, ils me blesseraient, mon corps laiteux se colorierait de rouge, la peur me gagnerait…
Mais peut-être aussi que l’eau me conduirait là-bas, vers le soleil, peut-être qu’elle soulagerait mon corps de tous ses maux, peut-être qu’elle me procurerait une détente lointaine, dont j’avais presque oublié la délicieuse sensation…
L’amour me fait toujours envie, je ne me verrais pas vivre sans, je passe mes journées à le chercher, à en rêver, à le réinventer en attendant de le vivre…
Mais soudain, il se présente, face demi-cachée, et j’ai peur. J’ai très envie et très peur à la fois.
Je pense à l’avenir. Je ne peux m’empêcher de penser qu’A n’a pas envie de perdre son temps, et que c’est en partie pour cela qu’il hésite, qu’il a peur. Aurait-il peur, aurait-il des doutes s’il ne ressentait pas quelque chose pour moi ? Il ne voudrait pas me faire de mal, mais il ne serait pas lâche au point de me faire quand même venir chez lui…
Et puis je m’accroche à ma tête. Arrête de penser à ça. Arrête de croire qu’il t’aime. C’est faux. Non, il ne t’aime pas. Ne commence pas à te faire des films. Tu vas encore te faire du mal.
J’angoisse un peu aussi. Ma marraine de l’IUT m’a envoyé un texto ce matin pour me dire aurevoir, et pour me conseiller de bien profiter de l’année qui me reste, parce que ça passe très vite.
Je me doute bien que ça passe vite. J’en suis consciente.
Alors j’angoisse en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire de ma peau après l’IUT.
Ce matin, par hasard, je suis tombée sur le nouvel album de Victoria Abril. Elle revisite la chanson française avec du flamenco. J’ai cru m’évanouir quand j’ai vu son nom sur le boitier en plastique. M’évanouir de joie.
J’ai aussi acheté deux livres de Lucia Etxebarria. J’adore cette romancière. Ce qu’elle écrit me parle. Je ne lis plus vraiment. Je ne lis plus qu’elle à vrai dire.
Face à la mer dorée, je me suis dit qu’après l’IUT, j’irais vivre en Espagne. À Madrid ou ailleurs. J’aurais le soleil, j’aurais l’espagnol. J’aurais une autre vie, peut-être.
Je me sens libre.
Assise sur ce rocher, je la regarde. Verte, bleue. Elle paraît si chaude. Elle me fait tellement envie. Elle effacerait la sueur de mon front d’une caresse transparente. Si je portais mon maillot de bain sous mon short et mon pull, je les quitterais de quelques gestes et plongerait en elle, la rejoindrait, deviendrait comme une excroissance, comme ces bateaux qui font corps avec elle.
Mais si je sautais vraiment, le froid m’envahirait alors, le courant me cognerait contre les rochers, ils me blesseraient, mon corps laiteux se colorierait de rouge, la peur me gagnerait…
Mais peut-être aussi que l’eau me conduirait là-bas, vers le soleil, peut-être qu’elle soulagerait mon corps de tous ses maux, peut-être qu’elle me procurerait une détente lointaine, dont j’avais presque oublié la délicieuse sensation…
L’amour me fait toujours envie, je ne me verrais pas vivre sans, je passe mes journées à le chercher, à en rêver, à le réinventer en attendant de le vivre…
Mais soudain, il se présente, face demi-cachée, et j’ai peur. J’ai très envie et très peur à la fois.
Je pense à l’avenir. Je ne peux m’empêcher de penser qu’A n’a pas envie de perdre son temps, et que c’est en partie pour cela qu’il hésite, qu’il a peur. Aurait-il peur, aurait-il des doutes s’il ne ressentait pas quelque chose pour moi ? Il ne voudrait pas me faire de mal, mais il ne serait pas lâche au point de me faire quand même venir chez lui…
Et puis je m’accroche à ma tête. Arrête de penser à ça. Arrête de croire qu’il t’aime. C’est faux. Non, il ne t’aime pas. Ne commence pas à te faire des films. Tu vas encore te faire du mal.
J’angoisse un peu aussi. Ma marraine de l’IUT m’a envoyé un texto ce matin pour me dire aurevoir, et pour me conseiller de bien profiter de l’année qui me reste, parce que ça passe très vite.
Je me doute bien que ça passe vite. J’en suis consciente.
Alors j’angoisse en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire de ma peau après l’IUT.
Ce matin, par hasard, je suis tombée sur le nouvel album de Victoria Abril. Elle revisite la chanson française avec du flamenco. J’ai cru m’évanouir quand j’ai vu son nom sur le boitier en plastique. M’évanouir de joie.
J’ai aussi acheté deux livres de Lucia Etxebarria. J’adore cette romancière. Ce qu’elle écrit me parle. Je ne lis plus vraiment. Je ne lis plus qu’elle à vrai dire.
Face à la mer dorée, je me suis dit qu’après l’IUT, j’irais vivre en Espagne. À Madrid ou ailleurs. J’aurais le soleil, j’aurais l’espagnol. J’aurais une autre vie, peut-être.
Je me sens libre.
Ecrit par inconsciente, à 17:34 dans la rubrique Vacances.
Lire l'article ! (suite de l'article + 20 commentaires)
Parallèles
--> écrit le 13/04/2008
Mes pensées voguent d’A à Papane. De Papane à A.
Hier soir, en regardant avec tendresse et bienveillance mon grand-oncle, Maurice, j’ai réalisé que je n’avais plus de grand-père.
Mes parents ne m’ont pas monté la tête contre mes grands-parents paternels, jusqu’alors je ne pensais pas grand chose d’eux. Je les excusais peut-être même un peu.
Et puis à la mort de Papane (mon grand-père maternel), leur cruauté m’a soudain sauté aux yeux. Plus que jamais.
J’ai réalisé qu’ils ne pouvaient pas me faire croire qu’ils m’aimaient tout en ne me témoignant pas leur affection en telles circonstances.
C’est tellement facile de s’effacer lorsque les autres souffrent. Au moment où ils ont le plus besoin de nous.
Je ne suis pas emplie de haine envers eux, pas comme mon père.
Moi je suis juste indifférente.
Christine dit que c’était pire que la haine.
Je pense qu’elle a raison.
Beaucoup de souvenirs me reviennent en ce moment.
Des flashs. Des images. Des endroits. Des anecdotes.
Revenir à Saint-Malo me rappelle toujours la fois précédente.
La fois précédente était entourée d’images du Prince.
Je suis repassée tout à l’heure devant la boutique dans laquelle je lui avais acheté un bol avec son prénom. Je me suis dit que cette tradition là, c’était fini.
Je me suis aussi rendu compte d’à quel point ma relation avec A est devenue sérieuse rapidement.
Par exemple, au bout d’un mois d’échanges, A m’a proposé de venir chez lui, alors que même après plus de sept mois, le Prince ne m’avait donné rendez-vous que dans des cafés, auquel il se rendait d’ailleurs plus pour boire et fumer que pour me voir, puisqu’il y restait encore après que je sois partie.
Il avait peur de moi. Il prenait mon affection, mon sourire. Mais il avait peur.
Sûrement peur que je lui saute dessus. Haha.
A doit avoir peur aussi, mais il doit y croire et en avoir un peu plus envie que le Prince pour oser me faire venir chez lui, après si peu de temps.
C’est étrange comme il m’est tombé dessus. Je ne m’attendais pas vraiment à lui.
Il paraît que les meilleures choses arrivent toujours au moment où on s’y attend le moins.
Je me suis retrouvée en stage, la tête toujours occupée par le Prince.
J’en suis sortie en me disant que le seul avec qui je garderais vraiment contact serait Nino. Et aujourd’hui, j’ai des nouvelles d’A presque tous les jours.
Je me souviens du jour où il est entré dans le grand bureau pour la première fois. Je me suis dit qu’il était une sorte d’ermite, il avait ce petit air mystérieux, si calme, si silencieux. Il a parlé un peu, il est venu nous embrasser chacun notre tour, dix minutes après être arrivé. Je me suis dit qu’il était sûrement homo pour parler de cette façon là et pour me faire tellement penser aux amis gays d’Elle. Il paraît qu’après une expérience homo, on a comme un radar.
Mais peu de temps après, j’ai compris que non. Ou qu’en tout cas il aimait aussi les filles.
Une chose est sûre, il m’attirait. Dès le début.
Nos bureaux étaient collés, l’un en face de l’autre.
Nos ordinateurs nous séparaient, et plein de bordel sous les tables aussi.
Mais aussi dessus de l’écran de mon PC, je voyais ses yeux qui me regardaient lorsqu’il m’entendait rire à ses bêtises.
Je parle d’ailleurs de lui dans l’article que j’ai écrit le dernier jour de mon stage.
« Je me demande ce qu'ils pensent de mon départ.
Lucie m'a dit que j'allais leur manquer, qu'ils aimeraient bien avoir des stagiaires comme moi tous les jours. Mais je n'étais pas si proche d'elle. Enfin je ne sais pas.
Je suis derrière mon petit poste miteux, A bidouille ses photos.
En fond, Song for lovers de The Do. Petite mélancolie dans l'air.
Je ne peux m'empêcher de penser que ça lui fait un peu quelque chose quand même.
J'ai adoré ses regards, j'ai adoré ses sourires.
Et si les autres jours son sourire était un peu carnacier, ou du moins plein de malice et d'ironie, il était très doux aujourd'hui. »
Je me suis rappelée il y a peu de ce moment, à la fois terrible et splendide, dans ce café de Saint-Malo qui s’appelait « La Marie-galante ».
Elle était venue me rejoindre en vacances, quelques jours avant qu’on se tombe dans les bras.
Nous étions face à face, nos regards inquiets se croisaient.
Je ne voulais pas comprendre. Elle ne voulait pas le dire clairement.
On s’était écrit déjà plusieurs fois qu’on s’aimait.
Mais la question du jour était : qu’allons-nous devenir ? Devons-nous craquer, céder à cet amour qui nous brûle ? Allons-nous assumer ? Allons-nous résister ? Que devons-nous faire ?
C’était forcément différent, de par nos positions dans le lycée. Surtout la Sienne, évidemment.
Mais au fond, cette période troublée ressemble à celle que nous vivons en ce moment.
Il n’y a qu’une phrase qui vient un peu gâcher ma rêverie.
« mais la bonne reponse c’est effectivement une protection contre un vieux « laskar » comme moi … qui ne pourrait en plus pas assumer… »
Qui ne pourrait pas assumer ou qui n’assumerait pas tout court ?
Je sens bien qu’il me considère presque comme une égale.
Mais assumer c’est quoi ?
Assumer auprès de ses collègues, auprès de sa famille, auprès de ses amis…
Assumer de se dire qu’il sort avec une fille qui a seize ans de moins que lui.
C’est sûrement ça, son sens du mot assumer.
Est-il vraiment un lascar comme il le dit ?
Ne serait-ce pas une carapace ? Une image qu’il aime bien donner de lui-même, pour se protéger ?
Pourquoi les hommes prennent-ils tant de plaisir à se dévaloriser…
Pourquoi adorent-ils se faire passer pour des ours, même pas bons à apprivoiser ?
Le Prince a renoncé catégoriquement au bonheur.
Mais je ne suis pas sûre qu’A en fera de même.
Il avoue plus vite un sentiment de tristesse ou de mélancolie, mais se révèle moins désespéré que le Prince. Du moins c’est ce que je crois.
Mais ils ne sont pas vraiment comparables.
A a encore de l’espoir.
Il espère construire une famille, un beau jour…
Le Prince en a déjà construit une. Qui s’est détruite.
Et il n’a plus d’espoir.
Je m’étais toujours dit qu’il me faudrait un artiste.
Quelqu’un d’un peu torturé comme moi. Et de créatif.
Car la créativité est importante pour moi.
Plus que je ne le croyais.
C’est presque indispensable.
Comment pourrais-je m’entendre à long terme avec quelqu’un qui n’a pas un minimum envie de créer ?
Et c’était un plaisir de farfouiller dans les vieilles boîtes en carton d’A, de retrouver ses photos, ratées, collées. J’ai même trouvé une photo de lui avec les cheveux mi-longs, et une longue barbe.
De me trouver chez lui, de découvrir ses photos, d’observer ses tableaux, de caresser ses statues.
Un créatif, enfin, qui a des choses à dire.
En m’approchant de son lit, j’ai découvert un gros livre, posé sur son étagère.
Le surréalisme.
J’avais presque envie de lui sauter dans les bras, rien que pour ça.
Ni Elle, ni le Prince ne comprenaient mon goût pour le surréalisme.
C’est l’artiste torturé que j’attendais.
Oh non, ne vous en faites pas, je ne mise pas tous mes espoirs sur lui. Ses épaules ne seraient pas assez fortes pour les porter. Je ne veux pas lui imposer ça comme je l’ai fait auparavant. Je prends la résolution d’être un peu moins excessive.
Je n’ai pas envie de lui écrire toutes les cinq secondes même si je pense beaucoup à lui, même si je pense qu’on a beaucoup de choses à se dire.
Je ne l’aime pas démesurément mais justement, c’est ce qui me fait penser que cela ne peut être que plus équilibré que tout ce dont j’ai rêvé jusqu’alors. Et puis je vais l’aimer de plus en plus, au fur et à mesure que je vais le découvrir. C’est toujours comme ça.
Alors évidemment, je m’imagine des scénarios dont nous sommes tous les deux les acteurs principaux, mais cela ne me prend pas la tête plus que ça.
Je ne me dis pas que je suis plus heureuse dans mes rêves que dans la réalité.
La réalité me convient, enfin.
Je construis le présent, et même s’il n’est pas sûr de lui, et même si lui non plus n’est pas bavard et me tait son passé, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même d’avoir été nulle vendredi dernier.
Mon mutisme m’exaspère parce que les autres pensent que je ne m’intéresse pas à eux. Alors qu’au contraire…
C’est pitoyable pour quelqu’un qui a envie d’être journaliste de ne pas savoir poser de questions, de ne pas savoir s’intéresser aux autres.
Mais c’est certainement de la timidité, de la gêne, une surcharge d’attentes diverses et un soupçon de peur qui provoquent cette sorte de blocage.
Je m’emballe, quand même.
Mais je vais mieux. C’est ce qui compte, non ?
Hier soir, en regardant avec tendresse et bienveillance mon grand-oncle, Maurice, j’ai réalisé que je n’avais plus de grand-père.
Mes parents ne m’ont pas monté la tête contre mes grands-parents paternels, jusqu’alors je ne pensais pas grand chose d’eux. Je les excusais peut-être même un peu.
Et puis à la mort de Papane (mon grand-père maternel), leur cruauté m’a soudain sauté aux yeux. Plus que jamais.
J’ai réalisé qu’ils ne pouvaient pas me faire croire qu’ils m’aimaient tout en ne me témoignant pas leur affection en telles circonstances.
C’est tellement facile de s’effacer lorsque les autres souffrent. Au moment où ils ont le plus besoin de nous.
Je ne suis pas emplie de haine envers eux, pas comme mon père.
Moi je suis juste indifférente.
Christine dit que c’était pire que la haine.
Je pense qu’elle a raison.
Beaucoup de souvenirs me reviennent en ce moment.
Des flashs. Des images. Des endroits. Des anecdotes.
Revenir à Saint-Malo me rappelle toujours la fois précédente.
La fois précédente était entourée d’images du Prince.
Je suis repassée tout à l’heure devant la boutique dans laquelle je lui avais acheté un bol avec son prénom. Je me suis dit que cette tradition là, c’était fini.
Je me suis aussi rendu compte d’à quel point ma relation avec A est devenue sérieuse rapidement.
Par exemple, au bout d’un mois d’échanges, A m’a proposé de venir chez lui, alors que même après plus de sept mois, le Prince ne m’avait donné rendez-vous que dans des cafés, auquel il se rendait d’ailleurs plus pour boire et fumer que pour me voir, puisqu’il y restait encore après que je sois partie.
Il avait peur de moi. Il prenait mon affection, mon sourire. Mais il avait peur.
Sûrement peur que je lui saute dessus. Haha.
A doit avoir peur aussi, mais il doit y croire et en avoir un peu plus envie que le Prince pour oser me faire venir chez lui, après si peu de temps.
C’est étrange comme il m’est tombé dessus. Je ne m’attendais pas vraiment à lui.
Il paraît que les meilleures choses arrivent toujours au moment où on s’y attend le moins.
Je me suis retrouvée en stage, la tête toujours occupée par le Prince.
J’en suis sortie en me disant que le seul avec qui je garderais vraiment contact serait Nino. Et aujourd’hui, j’ai des nouvelles d’A presque tous les jours.
Je me souviens du jour où il est entré dans le grand bureau pour la première fois. Je me suis dit qu’il était une sorte d’ermite, il avait ce petit air mystérieux, si calme, si silencieux. Il a parlé un peu, il est venu nous embrasser chacun notre tour, dix minutes après être arrivé. Je me suis dit qu’il était sûrement homo pour parler de cette façon là et pour me faire tellement penser aux amis gays d’Elle. Il paraît qu’après une expérience homo, on a comme un radar.
Mais peu de temps après, j’ai compris que non. Ou qu’en tout cas il aimait aussi les filles.
Une chose est sûre, il m’attirait. Dès le début.
Nos bureaux étaient collés, l’un en face de l’autre.
Nos ordinateurs nous séparaient, et plein de bordel sous les tables aussi.
Mais aussi dessus de l’écran de mon PC, je voyais ses yeux qui me regardaient lorsqu’il m’entendait rire à ses bêtises.
Je parle d’ailleurs de lui dans l’article que j’ai écrit le dernier jour de mon stage.
« Je me demande ce qu'ils pensent de mon départ.
Lucie m'a dit que j'allais leur manquer, qu'ils aimeraient bien avoir des stagiaires comme moi tous les jours. Mais je n'étais pas si proche d'elle. Enfin je ne sais pas.
Je suis derrière mon petit poste miteux, A bidouille ses photos.
En fond, Song for lovers de The Do. Petite mélancolie dans l'air.
Je ne peux m'empêcher de penser que ça lui fait un peu quelque chose quand même.
J'ai adoré ses regards, j'ai adoré ses sourires.
Et si les autres jours son sourire était un peu carnacier, ou du moins plein de malice et d'ironie, il était très doux aujourd'hui. »
Je me suis rappelée il y a peu de ce moment, à la fois terrible et splendide, dans ce café de Saint-Malo qui s’appelait « La Marie-galante ».
Elle était venue me rejoindre en vacances, quelques jours avant qu’on se tombe dans les bras.
Nous étions face à face, nos regards inquiets se croisaient.
Je ne voulais pas comprendre. Elle ne voulait pas le dire clairement.
On s’était écrit déjà plusieurs fois qu’on s’aimait.
Mais la question du jour était : qu’allons-nous devenir ? Devons-nous craquer, céder à cet amour qui nous brûle ? Allons-nous assumer ? Allons-nous résister ? Que devons-nous faire ?
C’était forcément différent, de par nos positions dans le lycée. Surtout la Sienne, évidemment.
Mais au fond, cette période troublée ressemble à celle que nous vivons en ce moment.
Il n’y a qu’une phrase qui vient un peu gâcher ma rêverie.
« mais la bonne reponse c’est effectivement une protection contre un vieux « laskar » comme moi … qui ne pourrait en plus pas assumer… »
Qui ne pourrait pas assumer ou qui n’assumerait pas tout court ?
Je sens bien qu’il me considère presque comme une égale.
Mais assumer c’est quoi ?
Assumer auprès de ses collègues, auprès de sa famille, auprès de ses amis…
Assumer de se dire qu’il sort avec une fille qui a seize ans de moins que lui.
C’est sûrement ça, son sens du mot assumer.
Est-il vraiment un lascar comme il le dit ?
Ne serait-ce pas une carapace ? Une image qu’il aime bien donner de lui-même, pour se protéger ?
Pourquoi les hommes prennent-ils tant de plaisir à se dévaloriser…
Pourquoi adorent-ils se faire passer pour des ours, même pas bons à apprivoiser ?
Le Prince a renoncé catégoriquement au bonheur.
Mais je ne suis pas sûre qu’A en fera de même.
Il avoue plus vite un sentiment de tristesse ou de mélancolie, mais se révèle moins désespéré que le Prince. Du moins c’est ce que je crois.
Mais ils ne sont pas vraiment comparables.
A a encore de l’espoir.
Il espère construire une famille, un beau jour…
Le Prince en a déjà construit une. Qui s’est détruite.
Et il n’a plus d’espoir.
Je m’étais toujours dit qu’il me faudrait un artiste.
Quelqu’un d’un peu torturé comme moi. Et de créatif.
Car la créativité est importante pour moi.
Plus que je ne le croyais.
C’est presque indispensable.
Comment pourrais-je m’entendre à long terme avec quelqu’un qui n’a pas un minimum envie de créer ?
Et c’était un plaisir de farfouiller dans les vieilles boîtes en carton d’A, de retrouver ses photos, ratées, collées. J’ai même trouvé une photo de lui avec les cheveux mi-longs, et une longue barbe.
De me trouver chez lui, de découvrir ses photos, d’observer ses tableaux, de caresser ses statues.
Un créatif, enfin, qui a des choses à dire.
En m’approchant de son lit, j’ai découvert un gros livre, posé sur son étagère.
Le surréalisme.
J’avais presque envie de lui sauter dans les bras, rien que pour ça.
Ni Elle, ni le Prince ne comprenaient mon goût pour le surréalisme.
C’est l’artiste torturé que j’attendais.
Oh non, ne vous en faites pas, je ne mise pas tous mes espoirs sur lui. Ses épaules ne seraient pas assez fortes pour les porter. Je ne veux pas lui imposer ça comme je l’ai fait auparavant. Je prends la résolution d’être un peu moins excessive.
Je n’ai pas envie de lui écrire toutes les cinq secondes même si je pense beaucoup à lui, même si je pense qu’on a beaucoup de choses à se dire.
Je ne l’aime pas démesurément mais justement, c’est ce qui me fait penser que cela ne peut être que plus équilibré que tout ce dont j’ai rêvé jusqu’alors. Et puis je vais l’aimer de plus en plus, au fur et à mesure que je vais le découvrir. C’est toujours comme ça.
Alors évidemment, je m’imagine des scénarios dont nous sommes tous les deux les acteurs principaux, mais cela ne me prend pas la tête plus que ça.
Je ne me dis pas que je suis plus heureuse dans mes rêves que dans la réalité.
La réalité me convient, enfin.
Je construis le présent, et même s’il n’est pas sûr de lui, et même si lui non plus n’est pas bavard et me tait son passé, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même d’avoir été nulle vendredi dernier.
Mon mutisme m’exaspère parce que les autres pensent que je ne m’intéresse pas à eux. Alors qu’au contraire…
C’est pitoyable pour quelqu’un qui a envie d’être journaliste de ne pas savoir poser de questions, de ne pas savoir s’intéresser aux autres.
Mais c’est certainement de la timidité, de la gêne, une surcharge d’attentes diverses et un soupçon de peur qui provoquent cette sorte de blocage.
Je m’emballe, quand même.
Mais je vais mieux. C’est ce qui compte, non ?
Ecrit par inconsciente, à 17:28 dans la rubrique Vacances.
Lire l'article ! (suite de l'article + 2 commentaires)
Vendredi (11/04/08)
L'amour tout cru
Trois jours hors du temps avec Ninou.
Profiter de l'appartement, de la ville, sans qu'il n'y ait les cours, le réveil culpabilisateur.
On oublie l'heure.
On se gave de films.
De salles obscures ou d'écrans sales.
On achète du chinois, des fraises et de la chantilly.
Devant la caisse de chez Champion, on a l'air de deux bobos.
On s'allonge sur les galets pour regarder les étoiles dans le ciel noir.
On écoute de la musique.
C'est un peu ça aussi le bonheur !
On se sent gangster au rayon des céréales.
Retour en enfance.
Tu te souviens des lucky charms ?
On fait ce qu'on veut. Pas de comptes à rendre.
C'est déjà comme ça habituellement, mais là en plus c'est les vacances.
Je me trouve un peu nulle d'être toujours tellement silencieuse.
Tellement pas contrariante. On dirait que je n'ai pas de tempérament, pas de personnalité.
Pourtant je ne crois pas être superficielle.
Mais il me semble que l'entente avec Ninou dépasse les mots, et les silences.
Notre amitié semble évidente.
On se retrouve, après une séparation d'un an et demi, et c'est comme si on s'était quitté la veille.
Je me dis tout bas que bien que notre amitié soit simple et évidente, je suis vraiment une amie pitoyable.
Je ne sais pas ce que c'est que l'amitié.
En fait je dois être maladroite. Hyper maladroite.
J'ai passé l'après-midi avec A.
Je suis allée chez lui.
J'ai pris le bus pendant une demi-heure, j'ai marché cinq minutes, j'ai sonné deux fois et il a ouvert la porte.
La veille, je m'étais endormie surexcitée et hyper heureuse.
A dit : (18:57:56)
tu veux passer me voir ?
MERCI LA VIE dit : (18:58:07)
ben oui !
A dit : (18:59:21)
c'est dangereux ...non
MERCI LA VIE dit : (19:01:04)
et alors ?
MERCI LA VIE dit : (19:02:44)
tu as peur de quoi
A dit : (19:03:06)
meme paspeur ;)
A dit : (19:03:46)
mais tu vois très bien ...
Ce matin je me suis réveillée désenchantée, plus du tout sûre de moi, stressée.
Je suis entrée.
J'ai posé mon manteau sur le canapé.
Et puis évidemment, comme d'habitude, ce putain de blocage de la parole.
C'est plus facile sur MSN. Évidemment.
On se parle tellement... cruement de sentiments.
Et puis soudain on se retrouve face à face, après s'être dit l'intérieur de nos pensées.
MERCI LA VIE dit : (19:26:02)
ben... si j'aime bien lire entre les lignes. mais avec toi, je ne sais pas si je dois y lire ce que j'ai envie de lire, ou bien le contraire, du style que tu adoucis tes phrases pour ne pas me faire de mal
MERCI LA VIE dit : (19:26:15)
je ne sais pas quoi penser, je voudrais que tu me dises les choses clairement
A dit : (19:26:29)
je me trouve clair ...
MERCI LA VIE dit : (19:26:48)
et tes sentiments là dedans ? toi ?
A dit : (19:27:20)
les sentiments ...
A dit : (19:27:56)
la raison ou les sentiments ;)
MERCI LA VIE dit : (19:28:26)
moi je te le dis tout de suite, la raison m'emmerde profondément, elle me pourrit la vie à chaque seconde, m'empêche sans cesse d'être heureuse.
A dit : (19:28:45)
tu es bien trop entière pour un mec comme moi ... crois moi ...
MERCI LA VIE dit : (19:29:08)
oui mais à part te dénigrer, tu ressens quoi toi ?
A dit : (19:29:26)
c'est sans doute vrai pour la raison ...
A dit : (19:29:34)
mais ..
A dit : (19:31:08)
moi g les sentiments qui partent dans tous les sens je suis un putain de volcan qui ne sait jamais ...
A dit : (19:31:24)
ben oui ;) c vrai !!
MERCI LA VIE dit : (19:32:00)
tu dis que je suis trop entière pour quelqu'un comme toi. mais les gens comme moi ne m'intéressent pas. et ne crois-tu pas avoir besoin de quelqu'un qui fonctionne différemment de toi ?
MERCI LA VIE dit : (19:32:13)
je ne mets pas la barre si haut tu sais.
MERCI LA VIE dit : (19:32:25)
les volcans plein de bordel, ça m'attendrit
A dit : (19:34:26)
c'est gentil ;) et très intelligent de ta part mais j'ai appris à bokou me méfier de ma propre personne .. je te mets en garde ... c'est tout ...
MERCI LA VIE dit : (19:35:00)
mais... tu ne vas pas te méfier de toi-même toute ta vie ? donne toi une chance, laisse-toi aimer
MERCI LA VIE dit : (19:35:13)
essaye
A dit : (19:36:09)
je veux bien me laisser aimer mais le sentiment le plusnobleest celui d'aimer ...
MERCI LA VIE dit : (19:36:33)
oui... mais si tu acceptes d'être aimé, c'est plus facile d'aimer, non ?
A dit : (19:37:08)
bonne réponse ;)
MERCI LA VIE dit : (19:37:20)
tu te sens capable d'aimer ?
A dit : (19:37:54)
...
MERCI LA VIE dit : (19:38:00)
faut t'apprivoiser en fait :)
A dit : (19:38:30)
non ...;)
MERCI LA VIE dit : (19:38:34)
:)
A dit : (19:39:18)
je sais ce que jeveux ... la plupart du temps c'est le doute qui bloque ... je suis heureux quand je ne doute pas ...
A dit : (19:39:42)
par exemple qd je photographie..
MERCI LA VIE dit : (19:39:58)
oui je comprends
A dit : (19:41:16)
donc ...
MERCI LA VIE dit : (19:42:09)
alors s'il ne faut pas t'apprivoiser, il faut faire quoi ?
A dit : (19:42:34)
et bien ......................
A dit : (19:42:36)
??
A dit : (19:42:40)
:)
A dit : (19:43:36)
jet disceque jepense ...
A dit : (19:44:13)
je ne sais pas trop quoi dire d'autres pour l'instant ...
Alors je me retrouve face à lui, après lui avoir presque clairement dit que j'avais envie d'être avec lui. Et je me sens muette.
Pas mal. Mais terriblement muette.
Il est là devant moi.
J'ai envie qu'il me serre dans ses bras.
Je repense à la dernière fois que j'ai fait ça. Je revois la façon dont ça s'est terminé.
Ce n'est cependant pas tout à fait pareil puisque le Prince ne me parlait pas de sentiments comme A le fait.
Je n'arrive pas à savoir ce que je dois lire dans son regard.
M'aurait-il fait venir chez lui s'il ne voulait pas de moi ?
Aurait-il insisté comme il l'a, un peu, fait ?
Je sens un truc se préparer.
Je sens que de toutes façons, on ne pourra pas faire autrement.
Et c'est tant mieux. Tant mieux même si ça prend du temps.
On me dit que je n'aime pas les histoires simples, mais je préfère quand elles commencent de façon compliquée, avec argumentations, discussions prise de tête... Elles ne peuvent qu'augurer quelque chose de sain, dont la construction est solide.
J'ai peur de la séduction.
Du n'importe quoi.
Je lui souris.
Je le regarde dans les yeux, le plus longtemps possible.
Il me plait mais je ne suis pas accro.
Ça me rassure.
Cela fait que je l'aime un peu plus encore.
J'adore sa bouche.
J'adore son regard.
Ses cheveux ont l'air doux.
Plusieurs fois ma main frémit d'envie de les caresser.
Et puis la peur et le doute m'envahissent.
Que va-t-il se passer si je le touche ?
Que dois-je comprendre de lui ?
Qu'il a aussi peur que moi ?
Qu'il a mille questions dans la tête ?
Qu'il ne sait pas mais que...
Il est la tête dans ses photos, dans ses boîtes, dans ses archives, dans ses CD.
À quoi pense-t-il ?
Est-ce qu'il pense à moi ? À ce que j'ai dans la tête, moi ?
Il me fait penser à Elle.
Mais son regard est heureusement moins grave.
Un Elle en masculin.
J'ai peur.
J'ai tellement vu de films.
J'en ai tellement rêvé.
Dès qu'il s'éloigne un peu, je cesse d'avoir peur pour en avoir de nouveau envie.
Dès qu'il se rapproche, la peur revient.
Et ce lit au premier étage. Presque provocateur. Il me repousse et m'attire à la fois. Les deux très fort.
Comme un aimant dont je serais tantôt le positif, tantôt le négatif.
Suis-je de nouveau prête à aimer, de tout coeur, de tout corps, à me donner, toute entière ?
Il me dépose près de chez moi.
-Bon et ben... À bientôt...
-Oui. Merci pour les photos... et pardon d'être muette...
-C'est vrai que tu es plus bavarde sur MSN...
-Oui je sais... j'y peux rien... je suis très nulle à l'oral. Je suis pas douée.
-Non mais c'est peut-être moi, c'est peut-être de ma faute, je te bloque...
-Non ce n'est pas toi...
-Ah bon ?
-Oui, je suis comme ça depuis longtemps... Faut m'apprivoiser, moi...
Et là je ne sais pas ce que ma main a foutu.
C'était le moment idéal pour se poser sur sa joue, ou dans ses cheveux.
Mais non. Mon cerveau a oublié de lui commander ce petit geste tendre.
Je ne sais jamais si on s'embrasse près de la bouche ou bien normalement...
Je n'avais pas grand chose à perdre mais je crois que ma dernière expérience m'a tellement refroidie que je n'ose plus faire le premier pas.
Pourtant je pense que ce ne sera encore une fois pas lui qui le fera.
Je crois que le problème est juste qu'il n'y croit pas.
Qu'il ne voit pas d'avenir.
Il préfèrerait la raison... Mais moi j'y crois.
Car j'y crois toujours. Même quand j'ai peur.
Je me dis qu'on a rien à perdre à essayer d'être heureux.
Nous n'avons pas d'amitié à perdre.
Notre relation est ce qu'elle est par ce doute dans nos sentiments.
Par cette tangente qu'il qualifie de dangereuse.
Il n'y a pas vraiment d'autre issue de secours que l'amour.
C'est ce qui la rend... haletante ?
Ou en tout cas intéressante.
Le sentiment qui s'empare doucement de moi pourrait ressembler à celui que les collégiens ressentent le dernier jour de classe, fin juin, lorsqu'ils se sentent prêts à tout pour conquérir le coeur de quelqu'un qu'ils ne verront pas de l'été.
Mais je ne ressens pas vraiment ça.
Je suis un peu paumée au milieu de toutes ces questions dont je voudrais tellement connaître les réponses.
J'ai le coeur qui tréssaute.
Mais je ne connaissais pas encore ce sentiment là.
Encore un autre.
Toujours un autre.
Où va-t-on ?
J'ai beau me dire que je ne suis pas pressée, je suis d'une impatience insupportable.
Je m'en veux d'avoir été muette.
Ce n'est pas comme ça que je vais lui donner envie de me revoir, en vrai.
Et puis je me rappelle son regard compréhensif devant mes excuses.
Je me rappelle son À bientôt...
Je lui ai offert une compile.
À chaque fois que j'en fais une, j'y mets beaucoup de moi.
Je l'écoute des dizaines et des dizaines de fois, pour que chaque chanson s'imprègne de mes sentiments. Pour qu'elle soit vraiment parfaite.
J'espère qu'il y entendra tout ce que je n'ai pas su dire.
Demain je pars pour une semaine à St Malo.
Faut que je me remette complètement.
Faut qu'il insiste putain.
Faut qu'il veule de moi.
Profiter de l'appartement, de la ville, sans qu'il n'y ait les cours, le réveil culpabilisateur.
On oublie l'heure.
On se gave de films.
De salles obscures ou d'écrans sales.
On achète du chinois, des fraises et de la chantilly.
Devant la caisse de chez Champion, on a l'air de deux bobos.
On s'allonge sur les galets pour regarder les étoiles dans le ciel noir.
On écoute de la musique.
C'est un peu ça aussi le bonheur !
On se sent gangster au rayon des céréales.
Retour en enfance.
Tu te souviens des lucky charms ?
On fait ce qu'on veut. Pas de comptes à rendre.
C'est déjà comme ça habituellement, mais là en plus c'est les vacances.
Je me trouve un peu nulle d'être toujours tellement silencieuse.
Tellement pas contrariante. On dirait que je n'ai pas de tempérament, pas de personnalité.
Pourtant je ne crois pas être superficielle.
Mais il me semble que l'entente avec Ninou dépasse les mots, et les silences.
Notre amitié semble évidente.
On se retrouve, après une séparation d'un an et demi, et c'est comme si on s'était quitté la veille.
Je me dis tout bas que bien que notre amitié soit simple et évidente, je suis vraiment une amie pitoyable.
Je ne sais pas ce que c'est que l'amitié.
En fait je dois être maladroite. Hyper maladroite.
J'ai passé l'après-midi avec A.
Je suis allée chez lui.
J'ai pris le bus pendant une demi-heure, j'ai marché cinq minutes, j'ai sonné deux fois et il a ouvert la porte.
La veille, je m'étais endormie surexcitée et hyper heureuse.
A dit : (18:57:56)
tu veux passer me voir ?
MERCI LA VIE dit : (18:58:07)
ben oui !
A dit : (18:59:21)
c'est dangereux ...non
MERCI LA VIE dit : (19:01:04)
et alors ?
MERCI LA VIE dit : (19:02:44)
tu as peur de quoi
A dit : (19:03:06)
meme paspeur ;)
A dit : (19:03:46)
mais tu vois très bien ...
Ce matin je me suis réveillée désenchantée, plus du tout sûre de moi, stressée.
Je suis entrée.
J'ai posé mon manteau sur le canapé.
Et puis évidemment, comme d'habitude, ce putain de blocage de la parole.
C'est plus facile sur MSN. Évidemment.
On se parle tellement... cruement de sentiments.
Et puis soudain on se retrouve face à face, après s'être dit l'intérieur de nos pensées.
MERCI LA VIE dit : (19:26:02)
ben... si j'aime bien lire entre les lignes. mais avec toi, je ne sais pas si je dois y lire ce que j'ai envie de lire, ou bien le contraire, du style que tu adoucis tes phrases pour ne pas me faire de mal
MERCI LA VIE dit : (19:26:15)
je ne sais pas quoi penser, je voudrais que tu me dises les choses clairement
A dit : (19:26:29)
je me trouve clair ...
MERCI LA VIE dit : (19:26:48)
et tes sentiments là dedans ? toi ?
A dit : (19:27:20)
les sentiments ...
A dit : (19:27:56)
la raison ou les sentiments ;)
MERCI LA VIE dit : (19:28:26)
moi je te le dis tout de suite, la raison m'emmerde profondément, elle me pourrit la vie à chaque seconde, m'empêche sans cesse d'être heureuse.
A dit : (19:28:45)
tu es bien trop entière pour un mec comme moi ... crois moi ...
MERCI LA VIE dit : (19:29:08)
oui mais à part te dénigrer, tu ressens quoi toi ?
A dit : (19:29:26)
c'est sans doute vrai pour la raison ...
A dit : (19:29:34)
mais ..
A dit : (19:31:08)
moi g les sentiments qui partent dans tous les sens je suis un putain de volcan qui ne sait jamais ...
A dit : (19:31:24)
ben oui ;) c vrai !!
MERCI LA VIE dit : (19:32:00)
tu dis que je suis trop entière pour quelqu'un comme toi. mais les gens comme moi ne m'intéressent pas. et ne crois-tu pas avoir besoin de quelqu'un qui fonctionne différemment de toi ?
MERCI LA VIE dit : (19:32:13)
je ne mets pas la barre si haut tu sais.
MERCI LA VIE dit : (19:32:25)
les volcans plein de bordel, ça m'attendrit
A dit : (19:34:26)
c'est gentil ;) et très intelligent de ta part mais j'ai appris à bokou me méfier de ma propre personne .. je te mets en garde ... c'est tout ...
MERCI LA VIE dit : (19:35:00)
mais... tu ne vas pas te méfier de toi-même toute ta vie ? donne toi une chance, laisse-toi aimer
MERCI LA VIE dit : (19:35:13)
essaye
A dit : (19:36:09)
je veux bien me laisser aimer mais le sentiment le plusnobleest celui d'aimer ...
MERCI LA VIE dit : (19:36:33)
oui... mais si tu acceptes d'être aimé, c'est plus facile d'aimer, non ?
A dit : (19:37:08)
bonne réponse ;)
MERCI LA VIE dit : (19:37:20)
tu te sens capable d'aimer ?
A dit : (19:37:54)
...
MERCI LA VIE dit : (19:38:00)
faut t'apprivoiser en fait :)
A dit : (19:38:30)
non ...;)
MERCI LA VIE dit : (19:38:34)
:)
A dit : (19:39:18)
je sais ce que jeveux ... la plupart du temps c'est le doute qui bloque ... je suis heureux quand je ne doute pas ...
A dit : (19:39:42)
par exemple qd je photographie..
MERCI LA VIE dit : (19:39:58)
oui je comprends
A dit : (19:41:16)
donc ...
MERCI LA VIE dit : (19:42:09)
alors s'il ne faut pas t'apprivoiser, il faut faire quoi ?
A dit : (19:42:34)
et bien ......................
A dit : (19:42:36)
??
A dit : (19:42:40)
:)
A dit : (19:43:36)
jet disceque jepense ...
A dit : (19:44:13)
je ne sais pas trop quoi dire d'autres pour l'instant ...
Alors je me retrouve face à lui, après lui avoir presque clairement dit que j'avais envie d'être avec lui. Et je me sens muette.
Pas mal. Mais terriblement muette.
Il est là devant moi.
J'ai envie qu'il me serre dans ses bras.
Je repense à la dernière fois que j'ai fait ça. Je revois la façon dont ça s'est terminé.
Ce n'est cependant pas tout à fait pareil puisque le Prince ne me parlait pas de sentiments comme A le fait.
Je n'arrive pas à savoir ce que je dois lire dans son regard.
M'aurait-il fait venir chez lui s'il ne voulait pas de moi ?
Aurait-il insisté comme il l'a, un peu, fait ?
Je sens un truc se préparer.
Je sens que de toutes façons, on ne pourra pas faire autrement.
Et c'est tant mieux. Tant mieux même si ça prend du temps.
On me dit que je n'aime pas les histoires simples, mais je préfère quand elles commencent de façon compliquée, avec argumentations, discussions prise de tête... Elles ne peuvent qu'augurer quelque chose de sain, dont la construction est solide.
J'ai peur de la séduction.
Du n'importe quoi.
Je lui souris.
Je le regarde dans les yeux, le plus longtemps possible.
Il me plait mais je ne suis pas accro.
Ça me rassure.
Cela fait que je l'aime un peu plus encore.
J'adore sa bouche.
J'adore son regard.
Ses cheveux ont l'air doux.
Plusieurs fois ma main frémit d'envie de les caresser.
Et puis la peur et le doute m'envahissent.
Que va-t-il se passer si je le touche ?
Que dois-je comprendre de lui ?
Qu'il a aussi peur que moi ?
Qu'il a mille questions dans la tête ?
Qu'il ne sait pas mais que...
Il est la tête dans ses photos, dans ses boîtes, dans ses archives, dans ses CD.
À quoi pense-t-il ?
Est-ce qu'il pense à moi ? À ce que j'ai dans la tête, moi ?
Il me fait penser à Elle.
Mais son regard est heureusement moins grave.
Un Elle en masculin.
J'ai peur.
J'ai tellement vu de films.
J'en ai tellement rêvé.
Dès qu'il s'éloigne un peu, je cesse d'avoir peur pour en avoir de nouveau envie.
Dès qu'il se rapproche, la peur revient.
Et ce lit au premier étage. Presque provocateur. Il me repousse et m'attire à la fois. Les deux très fort.
Comme un aimant dont je serais tantôt le positif, tantôt le négatif.
Suis-je de nouveau prête à aimer, de tout coeur, de tout corps, à me donner, toute entière ?
Il me dépose près de chez moi.
-Bon et ben... À bientôt...
-Oui. Merci pour les photos... et pardon d'être muette...
-C'est vrai que tu es plus bavarde sur MSN...
-Oui je sais... j'y peux rien... je suis très nulle à l'oral. Je suis pas douée.
-Non mais c'est peut-être moi, c'est peut-être de ma faute, je te bloque...
-Non ce n'est pas toi...
-Ah bon ?
-Oui, je suis comme ça depuis longtemps... Faut m'apprivoiser, moi...
Et là je ne sais pas ce que ma main a foutu.
C'était le moment idéal pour se poser sur sa joue, ou dans ses cheveux.
Mais non. Mon cerveau a oublié de lui commander ce petit geste tendre.
Je ne sais jamais si on s'embrasse près de la bouche ou bien normalement...
Je n'avais pas grand chose à perdre mais je crois que ma dernière expérience m'a tellement refroidie que je n'ose plus faire le premier pas.
Pourtant je pense que ce ne sera encore une fois pas lui qui le fera.
Je crois que le problème est juste qu'il n'y croit pas.
Qu'il ne voit pas d'avenir.
Il préfèrerait la raison... Mais moi j'y crois.
Car j'y crois toujours. Même quand j'ai peur.
Je me dis qu'on a rien à perdre à essayer d'être heureux.
Nous n'avons pas d'amitié à perdre.
Notre relation est ce qu'elle est par ce doute dans nos sentiments.
Par cette tangente qu'il qualifie de dangereuse.
Il n'y a pas vraiment d'autre issue de secours que l'amour.
C'est ce qui la rend... haletante ?
Ou en tout cas intéressante.
Le sentiment qui s'empare doucement de moi pourrait ressembler à celui que les collégiens ressentent le dernier jour de classe, fin juin, lorsqu'ils se sentent prêts à tout pour conquérir le coeur de quelqu'un qu'ils ne verront pas de l'été.
Mais je ne ressens pas vraiment ça.
Je suis un peu paumée au milieu de toutes ces questions dont je voudrais tellement connaître les réponses.
J'ai le coeur qui tréssaute.
Mais je ne connaissais pas encore ce sentiment là.
Encore un autre.
Toujours un autre.
Où va-t-on ?
J'ai beau me dire que je ne suis pas pressée, je suis d'une impatience insupportable.
Je m'en veux d'avoir été muette.
Ce n'est pas comme ça que je vais lui donner envie de me revoir, en vrai.
Et puis je me rappelle son regard compréhensif devant mes excuses.
Je me rappelle son À bientôt...
Je lui ai offert une compile.
À chaque fois que j'en fais une, j'y mets beaucoup de moi.
Je l'écoute des dizaines et des dizaines de fois, pour que chaque chanson s'imprègne de mes sentiments. Pour qu'elle soit vraiment parfaite.
J'espère qu'il y entendra tout ce que je n'ai pas su dire.
Demain je pars pour une semaine à St Malo.
Faut que je me remette complètement.
Faut qu'il insiste putain.
Faut qu'il veule de moi.
Ecrit par inconsciente, à 22:51 dans la rubrique Aujourd'hui.
Lire l'article ! (suite de l'article + 15 commentaires)
Vendredi (04/04/08)
Et après la vague ?
J'ai mal aux yeux. J'éteins la lumière et ne me laisse guider que par celle de l'écran de mon ordinateur.
J'étouffe.
Un relent de peur du noir ?
Une sensation d'enfermement ?
J'ai chaud.
Je rallume la lumière.
J'ai envie d'air.
Envie de vent.
Envie d'eau froide, comme tout à l'heure sur la plage.
Je serais bien restée, comme un galet, me faire recouvrir de l'eau glacée et salée.
Mais je ne suis pas un galet. Et je n'ai pas un coeur de pierre.
Du moins je ne crois pas.
Soudain j'ai peur.
Il a suffit qu'A se mette à parler de sentiments pour que les miens se réveillent.
Je me dis que tout ce qu'il a voulu me dire me signifiait de m'en aller, de ne pas y penser, d'oublier tout de suite cette perspective amoureuse.
Et puis ces mots me reviennent à l'esprit.
"mes défauts... le lien ... toi ... si tu aimes mes défauts ... a quel point ? pas sûr d'être à la hauteur ... de ce que tu donnes ... [...] mais c'est sincère .. ou être à la hauteur de ce que tu attends ..ce qui est bien plus de ce que je peux ou veux donner .."
Et puis son appel de mardi soir.
J'aurais voulu avoir le cran de lui demander pourquoi il m'appelait.
Mais je ne voulais pas l'embêter. Je ne voulais pas lui prendre la tête.
Je me demande quand même s'il se doute qu'il est en train de devenir omniprésent dans mes pensées.
Je me demande si c'est réciproque.
Comment ça marche à deux déjà ?
Comment c'est l'amour ?
Des images me reviennent. Elles m'écoeurent et me sidèrent à la fois.
C'était bien réel tout ça ? Je l'ai vraiment vécu ? Est-ce que c'était ça l'amour ?
Comment pourrais-je vivre autre chose ?
Comment vais-je m'en sortir, si je m'en sors un jour ?
Je ne suis plus si sûre de savoir aimer.
Il dit que je donne beaucoup. Il dit que j'attends beaucoup.
Mais comment le sait-il ?
J'ai l'impression que tout est allé à une vitesse ahurissante.
Maintenant j'ai envie de le voir.
Maintenant j'ai envie qu'il m'embrasse.
Maintenant j'ai envie de réapprendre, avec lui, ce que c'est l'amour.
Maintenant j'ai envie d'autre chose, de nouveau.
J'ai l'impression d'être entrée dans un cycle de malheur depuis la rentrée des dernières vacances.
Je n'ai rien fait, je me suis traînée comme une loque.
Depuis la mort de Linda je ne suis plus capable d'aligner deux mots, plus capable de prendre des notes, plus capable d'apprendre, plus capable de trouver de la motivation pour quelque chose, plus capable de sourire vraiment, plus capable de quoi que ce soit. Sauf peut-être de dormir.
Je me fous presque de tout.
Mais peut-être que cela ne remonte pas à la mort de Linda, peut-être que c'est plus vieux, peut-être que ça date. Peut-être que le choc provoqué par l'accident de Linda n'a été que l'élément déclencheur de cette période obscure. Le truc merdique qui manquait à ma vie. Le deuil.
Et puis la mort de Papane a suivi. Je ne sais pas si j'ai mal ou si je n'arrive toujours pas à concevoir que c'était bien lui qui se trouvait dans le cercueil.
L'un des seuls points positifs : A.
Bien sûr les fidèles sont toujours là.
Mais parmi les morceaux de vie brisés que les vagues de mars m'ont rapportés, il y avait ce nouveau petit coquillage, ce nouveau petit bijou. A.
Je ne sais pas ce qu'il deviendra.
Un souvenir, ou bien un bijou quotidien, qui change de couleur selon l'humeur.
Un bijou en toc ou un bijou précieux.
"Aime-moi moins mais aime-moi longtemps".
C'était peut-être ça, au fond, qu'il voulait dire.
Comme dans ce film génial, Les Chansons d'Amour.
Mais je ne l'aime pas moins ou plus.
Je ne sais même pas si je l'aime.
Je sais juste qu'il me plaît et que je pourrais très vite l'aimer.
Je ne me sens pas particulièrement malheureuse malgré tout. Juste un peu désespérée.
Torturée.
Encore une fois, je suis coincée dans l'attente.
J'ai cette trop bonne impression qui n'est sûrement qu'une illusion que le bonheur est imminent.
Que quelque chose de bon va m'arriver très vite, que ce n'est plus qu'une question de jours ou de semaines.
Dans ma tête il y a plusieurs mélodies.
Il y a ce cri déchirant, qui ne cesse de répéter qu'il ne peut pas être mort, que ce n'est pas possible, qu'un homme pareil ne pouvait pas mourir.
Il y a le rire d'A et sa voix, qui me bercent doucement, tendrement, qui me feraient presque sourire.
Il y a Unchained Melody qui tourne en boucle, sans me causer de mal particulier.
Il y a ce bruit que Garfu aime, celui d'après la vague, lorsque les galets s'entrechoquent.
Et il y a ces voix qui me manquent.
Mon obsession actuelle ? Me rappeler, de tous les mots qu'ils ont dit avant de s'en aller. De tous les mots que je leur ai dits.
Je voudrais embrasser la douce joue de Sylvaine et lui dire que je l'aime. Que je l'aimerai toujours.
Les vacances tombent bien.
Il faut simplement que je réussisse à me remettre avant qu'elles ne touchent à leur fin.
J'étouffe.
Un relent de peur du noir ?
Une sensation d'enfermement ?
J'ai chaud.
Je rallume la lumière.
J'ai envie d'air.
Envie de vent.
Envie d'eau froide, comme tout à l'heure sur la plage.
Je serais bien restée, comme un galet, me faire recouvrir de l'eau glacée et salée.
Mais je ne suis pas un galet. Et je n'ai pas un coeur de pierre.
Du moins je ne crois pas.
Soudain j'ai peur.
Il a suffit qu'A se mette à parler de sentiments pour que les miens se réveillent.
Je me dis que tout ce qu'il a voulu me dire me signifiait de m'en aller, de ne pas y penser, d'oublier tout de suite cette perspective amoureuse.
Et puis ces mots me reviennent à l'esprit.
"mes défauts... le lien ... toi ... si tu aimes mes défauts ... a quel point ? pas sûr d'être à la hauteur ... de ce que tu donnes ... [...] mais c'est sincère .. ou être à la hauteur de ce que tu attends ..ce qui est bien plus de ce que je peux ou veux donner .."
Et puis son appel de mardi soir.
J'aurais voulu avoir le cran de lui demander pourquoi il m'appelait.
Mais je ne voulais pas l'embêter. Je ne voulais pas lui prendre la tête.
Je me demande quand même s'il se doute qu'il est en train de devenir omniprésent dans mes pensées.
Je me demande si c'est réciproque.
Comment ça marche à deux déjà ?
Comment c'est l'amour ?
Des images me reviennent. Elles m'écoeurent et me sidèrent à la fois.
C'était bien réel tout ça ? Je l'ai vraiment vécu ? Est-ce que c'était ça l'amour ?
Comment pourrais-je vivre autre chose ?
Comment vais-je m'en sortir, si je m'en sors un jour ?
Je ne suis plus si sûre de savoir aimer.
Il dit que je donne beaucoup. Il dit que j'attends beaucoup.
Mais comment le sait-il ?
J'ai l'impression que tout est allé à une vitesse ahurissante.
Maintenant j'ai envie de le voir.
Maintenant j'ai envie qu'il m'embrasse.
Maintenant j'ai envie de réapprendre, avec lui, ce que c'est l'amour.
Maintenant j'ai envie d'autre chose, de nouveau.
J'ai l'impression d'être entrée dans un cycle de malheur depuis la rentrée des dernières vacances.
Je n'ai rien fait, je me suis traînée comme une loque.
Depuis la mort de Linda je ne suis plus capable d'aligner deux mots, plus capable de prendre des notes, plus capable d'apprendre, plus capable de trouver de la motivation pour quelque chose, plus capable de sourire vraiment, plus capable de quoi que ce soit. Sauf peut-être de dormir.
Je me fous presque de tout.
Mais peut-être que cela ne remonte pas à la mort de Linda, peut-être que c'est plus vieux, peut-être que ça date. Peut-être que le choc provoqué par l'accident de Linda n'a été que l'élément déclencheur de cette période obscure. Le truc merdique qui manquait à ma vie. Le deuil.
Et puis la mort de Papane a suivi. Je ne sais pas si j'ai mal ou si je n'arrive toujours pas à concevoir que c'était bien lui qui se trouvait dans le cercueil.
L'un des seuls points positifs : A.
Bien sûr les fidèles sont toujours là.
Mais parmi les morceaux de vie brisés que les vagues de mars m'ont rapportés, il y avait ce nouveau petit coquillage, ce nouveau petit bijou. A.
Je ne sais pas ce qu'il deviendra.
Un souvenir, ou bien un bijou quotidien, qui change de couleur selon l'humeur.
Un bijou en toc ou un bijou précieux.
"Aime-moi moins mais aime-moi longtemps".
C'était peut-être ça, au fond, qu'il voulait dire.
Comme dans ce film génial, Les Chansons d'Amour.
Mais je ne l'aime pas moins ou plus.
Je ne sais même pas si je l'aime.
Je sais juste qu'il me plaît et que je pourrais très vite l'aimer.
Je ne me sens pas particulièrement malheureuse malgré tout. Juste un peu désespérée.
Torturée.
Encore une fois, je suis coincée dans l'attente.
J'ai cette trop bonne impression qui n'est sûrement qu'une illusion que le bonheur est imminent.
Que quelque chose de bon va m'arriver très vite, que ce n'est plus qu'une question de jours ou de semaines.
Dans ma tête il y a plusieurs mélodies.
Il y a ce cri déchirant, qui ne cesse de répéter qu'il ne peut pas être mort, que ce n'est pas possible, qu'un homme pareil ne pouvait pas mourir.
Il y a le rire d'A et sa voix, qui me bercent doucement, tendrement, qui me feraient presque sourire.
Il y a Unchained Melody qui tourne en boucle, sans me causer de mal particulier.
Il y a ce bruit que Garfu aime, celui d'après la vague, lorsque les galets s'entrechoquent.
Et il y a ces voix qui me manquent.
Mon obsession actuelle ? Me rappeler, de tous les mots qu'ils ont dit avant de s'en aller. De tous les mots que je leur ai dits.
Je voudrais embrasser la douce joue de Sylvaine et lui dire que je l'aime. Que je l'aimerai toujours.
Les vacances tombent bien.
Il faut simplement que je réussisse à me remettre avant qu'elles ne touchent à leur fin.
Ecrit par inconsciente, à 01:24 dans la rubrique Aujourd'hui.
Lire l'article ! (suite de l'article + 10 commentaires)
Articles suivants






