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Mon plus beau cauchemar
En fait il n’y avait qu’avec Arno que ça me paraissait presque normal. C’est peut-être ça qui me rassurait. Peut-être aussi qu’il ressemblait à mon idéal. Mon idéal bourré de défauts. L’image exacte de l’homme avec lequel je me voyais. Et pas seulement l’image.
Il me manque à chaque seconde. Je ne lui en veux plus. Je me plais simplement à le traiter de tous les noms lorsque je parle de lui, mais c’est plus affectueux que rancunier. Les injures ont simplement remplacé les mots doux, mais elles sont encore plus câlines que l’étaient les tendresses que je murmurais à son intention.

J’y crois encore. Voilà.
Je préfère avoir quelqu’un à aimer.

La douloureuse période de la rancune et de l’électrochoc est passée, je crois.
Maintenant je peux l’aimer tout bas. Toute seule. Comme d’habitude.
Je lui ai écrit. Je sais que vous allez m’engueuler mais je fais les choses comme je les sens. Là je le sentais. Et pour une fois, ce n’était pas parce que je l’avais rêvé la nuit précédente.
Ça m’embête de te dire ça mais… Tu me manques, bello.

Et puis j’ai acheté une robe fleurie, j’ai repensé à ses mots, à son regard sur moi, au soleil de ce 8 mai, j’ai oublié notre nuit, oublié ses caresses mais pas ses baisers, j’ai cherché un nouveau maillot de bain en vain, j’ai acheté des pizzas pour la soirée, j’ai tenté de gommer ce poids non-identifié qu’il y avait dans ma poitrine, j’ai dormi une heure, j’ai reçu Guillaume, Jess et Mélanie, on a pas mal bu, pas mal mangé, pas mal rigolé aussi.
Et même si c’était bien, ça me semblait superficiel. Je me sentais faire des efforts.

Mélanie est restée dormir et puis j’ai reçu la réponse d’Arno.
Je ne devrais pas mais je vais sur ton blog tlj !! Pour te suivre un peu ..
J’ai presque immédiatement répondu. Je n’aurais peut-être pas dû. J’aurais dû laisser mijoter le tout dans ma tête jusqu’au lendemain matin. Mais je n’ai pas résisté. Je me suis un peu emportée.
Peu importe.

J’en crève de le revoir et puis je me demande si je vais souffrir. J’en crève aussi d’écouter la musique qu’il a laissé dans mon ordinateur. Je repousse toujours, en me disant que j’écouterai ça un jour particulier. Ou plutôt un soir. Un soir duquel je ne reviendrai pas.

J’y crois encore. C’est ça le problème.
Ça ne peut pas terminer comme ça. Ce n’est pas possible.

C’est lui l’homme que j’aime. Celui avec qui j’accepte aussi de me déchirer s’il le faut, car s’aimer sans se déchirer si on veut ressembler à un couple, ça me paraît impossible.
Tout seul on souffre tellement qu’on ne souffre pas.

C’est lui celui pour lequel je veux me battre. Et quitte à ce que ce soit moi la forte. Quitte à ce que ce soit moi la protectrice. Quitte à ce que je sois son éponge et qu’il me refile ses angoisses.
Oh pauvre petit con, oh mon amour tant haï, ma violente tendresse, mon lugubre soleil, mon si beau et si doux cauchemar, mon volcan de glace, mon fleuve tant agité…
Arno.
Je t’aime encore si fort, si profondément.
Et si mal…

Les deux jours qui ont précédé ont été étranges et heureux. Complètement hors du temps.
Éric (Monsieur G) est venu me chercher le mardi soir, quelques heures après mon retour au Havre.
Il m’a emmené à la plage, au restaurant, on a discuté, on a ri, on a chanté, on s’est tu aussi.
Après le dîner, on est allé sur la plage. Le ciel était lourd et lumineux et tout d’un coup l’orage a éclaté. C’était magnifique, puissant, brûlant. La pluie a attendu quelques secondes avant de tomber. L’air est devenu délicieusement humide et tiède. Nous sommes montés dans la voiture et le déluge est tombé.
Nous sommes rentrés au Havre. Il y avait des images animées projetées sur l’hôtel de ville. Et de la musique. L’hôtel de ville était un instant transformé. Et c’était beau.
Le lendemain, il m’a emmenée déjeuner au restau japonais près de la plage. Je me suis délectée de sushis et j’ai eu l’impression de trouver ça bien plus délicieux encore que le jour où j’y suis allée avec Arno et les autres, le jour du gingembre confit.
Nous sommes allés voir la mer. Il ne faisait pas beau, il pleuvait à moitié, il fallait marcher presque une demi-heure pour l’atteindre, mais la plage était magnifique.
Nous nous sommes baignés, après quelques minutes de réflexion, et ne l’avons pas regretté. J’ai toujours aimé me baigner sous la pluie et c’était beau comme un rêve. C’était irréel d’ailleurs de nager avec lui dans cette eau si claire, entre deux falaises.
L’impression d’être seuls au monde. D’avoir le ciel et l’eau rien que pour nous.
Après avoir grelotté pendant quelques minutes, nous sommes allés nous réchauffer dans un café. Plus tard, Éric m’a emmené chez lui et nous avons regardé ensemble l’un de nos films cultes.
En rentrant vers minuit, j’allume mon ordi et la première chose que je lis est la libération d’Ingrid.
Je me mets à pleurer, toute seule devant mon écran. Mon sourire rayonne de larmes. Les mots d’Éric tournent dans ma tête. C’est la première fois qu’un homme me dit, à moi, des choses si belles. La première fois qu’un regard masculin se pose sur moi de manière si bienveillante et si douce. La première fois que ni mes silences, ni mes doigts de pied ne dérangent quelqu’un. La première fois que j’ai l’impression d’être comprise, acceptée, entièrement. Par un homme.
Et cette impression d’avoir vécu une semaine en deux jours. Cela me rappelle vaguement nos délires à Elle et moi, mais j’enfouis ça loin, je ne veux plus y penser.

J’ai l’impression que cela faisait une éternité que je n’avais plus trouvé de sens au mot bonheur.

Après forcément, tout me paraît fade.

Sauf ce beau week-end en famille.
On a fêté les 17 ans de mes cousins jumeaux. Presque tout le monde était là.

J’ai demandé à mon oncle s’il avait des nouvelles de Sylvaine.
-Je l’ai croisée tout à l’heure… Elle avait l’air d’aller bien. Son mari s’est excusé. Apparemment ça va mieux. Elle était là à la communion l’autre jour…
Je souris qu’elle aille mieux. Je grimace intérieurement de les avoir ratées, elle et sa robe bleue.

Dans la maison tout le monde s’affaire.
Embrassades longues et chaleureuses. Méridionnales même.
Concerts improvisés dans le salon ou sur la terrasse. Moune a apporté sa guitare 12 cordes et ça donne.
Les petits sont heureux de se retrouver et de courir à travers le jardin.
Je m’échappe avec ma cousine Lucy pour lui parler d’Elle, du Prince et d’Arno. En fait ça fait presque quatre ans qu’on ne s’est pas vraiment parlé. Elle avait été la première à déceler l’étrangeté de mes échanges avec Elle, la beauté de Ses mots caressants, la longueur significative de Ses lettres.
Lucy était près de moi durant ces vacances-là.
On s’est rappelé de nos fous-rires, de ces soirées de liberté à pédaler sur nos bicyclettes, et de ce bain, le plus beau de ma vie, à 20h un mardi soir, l’eau plus calme qu’un lac, le soleil roux et doux. On appelait cette petite crique « la baie d’Along ». C’était le paradis.
C’était mon dernier été d’insouciance.

Sylvaine me manque beaucoup. J’écoute Sheller et sa douceur m’enveloppe. Je retrouve la clarté de sa voix, ses dents blanches, ses lèvres fines et roses, son regard de cachemire, ce grain de beauté au dessus de la bouche. Je voudrais me perdre dans ses yeux. M’y plonger nue. Je sais que je m’y retrouverais.
Elle n’a pas répondu à mes derniers messages.

J’ai proposé à Arno qu’on essaye d’apprendre à se parler en direct. Je lui ai écrit que je n’étais vraiment pas sûre d’être capable d’amitié mais que je refusais qu’on devienne deux étrangers. Il a répondu qu’il était OK si je voulais. Je lui ai proposé un feu d’artifice, un soir. Il a dit qu’il prendrait des photos et que c’était trop brutal, trop glamour comme retrouvailles.

Je me suis extasiée à sentir mon cœur vivre. Tressauter de joie pour le premier message. S’emplir de la douleur d’un poignard pour le second.
C’est beau quand même. Fou qu’un organe se manifeste autant pour un simple message.
J’ai regretté presque aussitôt d’avoir cru que les braises humides pouvaient repartir. D’avoir cru que je saurais ne plus souffrir pour ses joues piquantes et son regard d’acier.
Je ne l’ai pas encore revu et je souffre déjà. Je ne veux pas y croire. Je suis têtue, bornée. Et amoureuse, le comble.



Ecrit par inconsciente, le Mardi 8 Juillet 2008, 00:45 dans la rubrique Aujourd'hui.

Commentaires :

exvag
exvag
08-07-08 à 10:14

Le jour où on pourra faire des clones,
Je voudrais bien que tu me donnes quelques unes de tes cellules.


 
inconsciente
inconsciente
08-07-08 à 14:17

Re:

No problem !
Je t'envoie ça par colissimo !

 
ninoutita
ninoutita
08-07-08 à 13:44

Bon alors là, chers amis scientifiques, nous sommes devant le prototype humain. JE M'EXPLIQUE : la jeune femme que vous avez devant vos yeux aime un homme qui ne semble pas l'aimer en retour. Mais il se trouve que cette jeune femme est sans doute aimée par un autre homme.

Ca frise le triangle amoureux. Et tu es au centre.





 

 
inconsciente
inconsciente
08-07-08 à 14:17

Re:

Mouhahaha.

 
ninoutita
ninoutita
09-07-08 à 00:28

Re:

Tu peux pas te permettre de rire jaune ici vu la couleur des murs :p

 
Elwinwea
Elwinwea
08-07-08 à 14:51

Il y a des histoires qui repartent, des qui partent de petits rien, des riens qui font des montagnes, des montagnes que l'on est capable de soulever, des coeurs qui se soulèvent tous seuls, des solitudes qui sont toujours comblées, des combles et décombres qu'on aime à retrouver, des retrouvailles qui font mal, du mal qui fait du bien et inversement, des inverses qui s'attirent et des attirances qui se découvrent...

Dans ce monde merveilleux et étrange, où chacun de nous est plongé, on nage et on surnage en essayant de se sauver, mais le sauvetage vient parfoid de là où on ne l'attend pas, et ce qu'on attend arrive parfois, souvent si on a assez de force pour y croire. Un de mes amis a retrouvé l'homme de sa vie, qui s'était éloigné et qui pensait partir, toi aussi tu y a droit, à l'homme de ta vie, que ce soit le premier ou le dernier, et tu l'auras.

L'amour c'est comme l'espoir, c'est ce qu'il y a de plus beau en l'être humain et de plus humain en chacun de nous, c'est si simple et pourtant si compliqué, mais savoir qu'il y a des gens qui peuvent aimer comme tu le fais donne du courage à tous ceux qui ont peur d'aimer, et peu importe si on se plante, si on en meurt, on peut en ressortir, on peut revivre. Vis ma belle, mon petit chaton, mon Inconsciente, vis dans la conscience de toi-même et des autres comme tu l'as toujours fait, regarde toujours derrière les nuages et attend le soleil, car il viendra pour toi, j'en suis sûre !!!

Je t'embrasse fort et t'envoie toutes mes pensées positives, et une tranche de soleil au citron ;-) !!!